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Pourquoi les classiques du ski éclipsent Sotchi

La Streif de Kitzbühel

La Streif de Kitzbühel - -

Evènement incontournable pour le grand public, les JO de Sotchi ne suscitent pas encore une grande excitation chez les skieurs, entièrement tournés vers les légendaires classiques de janvier, où l’engouement atteint son paroxysme.

Les JO de Sotchi approchent (7 au 23 février). Mais avant le graal olympique, les skieurs vont s’offrir un mois de janvier de feu avec les rendez-vous des classiques. Au programme, Adelboden (Suisse) ce week-end puis Wengen (Suisse), Kitzbühel (Autriche), Schladming (Autriche) et Garmisch-Partenkirchen (Allemagne). Des légendes du ski mondial qui relèguent (presque) au second rang le rendez-vous en Russie dans moins d’un mois. La raison ? Une ambiance indescriptible dans ces pays, comme l’Autriche ou la Suisse, où le ski est roi. A Kitzbühel, plus de 45 000 spectateurs, soit l’équivalent du Parc des Princes, se massent pour suivre les skieurs se battre sur la Streif, la piste la plus dangereuse du monde.

Thomas Fanara, spécialiste français du géant, sera accueilli comme une star à Adelboden ce week-end pour le plus prestigieux des géants. A Wengen la semaine prochaine, les skieurs se battront sur la piste la plus rapide à plus de 160 km/h. Des épreuves chargées d’histoire. « Les JO, c’est excitant pour le grand public, mais pour les skieurs, seul le résultat est excitant, explique Alexis Pinturault, le polyvalent français. L’évènement en lui-même n’a rien extraordinaire. » A la manière des classiques ardennaises et belges en cyclisme, le ski a ses mythes. Ainsi, un Paris-Roubaix en vélo ou une victoire sur la Streif apportent au palmarès une valeur particulière. Celle d’être reconnu par son cercle et par ses pairs, à la différence des Jeux où l’exposition ouvre au monde des profanes.

Pinturault : « A Sotchi, en bas de la course, il n'y aura rien »

A l’inverse des JO de Vancouver en 2010 et de ceux de Turin en 2006, la Russie ne possède pas la même culture que le Canada ou l’Italie, qui comptent des épreuves au programme de la Coupe du monde (Lake Louise pour le Canada, Val Gardena, Alta Badia, Bormio pour l’Italien). Et sans aucun skieur dans le top 20 mondial, les Russes suivront d’un regard lointain les épreuves sur le tracé de Rosa Khutor. « A l’arrivée, il n’y aura que 5 000 personnes environ alors qu’on l’habitude dans certains stades de voir 60 000 personnes notamment en Autriche, compare Pinturault. Ce sera une petite ambiance, mais ça restera une belle course, surtout médiatiquement. C’est une grosse course grâce à l’engouement qu’il peut y avoir autour. Mais le jour J, en bas de la course, il n’y aura rien. »

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Nicolas Couet avec Georges Quirino