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Rolland : « J’ai envie de devenir championne olympique »

Marion Rolland

Marion Rolland - -

Médaillée d’or sur la descente des Mondiaux de Schladming, Marion Rolland était l’invitée du Moscato Show ce mardi sur RMC. La skieuse des Deux Alpes rêve maintenant d’un sacre aux Jeux Olympiques de Sotchi en 2014.

Marion, comment vivez-vous vos premiers jours dans la peau d’une championne du monde ?

Je profite à fond. Il m’arrive pas mal de belles choses. J’ai beaucoup de sollicitations et j’ai eu une journée marathon avec tous les médias de France. Ça fait beaucoup mais c’est très agréable à vivre.

Avez-vous senti pendant votre descente que vous faisiez une manche de folie ?

Je n’avais pas de très bonnes sensations. Mais j’ai gardé en tête que la piste était cabossée, ultra-glacée. Ils avaient fait un tracé difficile sur le revêtement car la piste en elle-même n’était pas très compliquée par rapport à ce qu’on a d’habitude en Coupe du monde. Je ne l’ai pas senti en termes de sensations pures, mais j’avais vraiment envie d’aller chercher une médaille. Je n’ai donc rien lâché, j’ai été une guerrière de haut en bas.

Vous êtes partie avec le dossard 22, dans des conditions pas forcément évidentes, après que toutes les favoris se soient cassées les dents sur le temps de Nadia Fanchini. Dans quel état d’esprit étiez-vous ?

C’était comme d’habitude. Il y a des descentes qui sont plus impressionnantes et plus difficiles que celle de Schladming. Mais ce sont les championnats du monde et il y a le côté psychologique de l’évènement. C’est une course d’un jour, ça n’arrive que tous les deux ans et il faut aller chercher la médaille. Dans ma carrière, j’ai fait mes meilleurs résultats quand je me suis sentie poussée dans mes retranchements. 

« Il a fallu surmonter l’épisode des JO »

Comment avez-vous remonté la pente après l’épisode de votre chute aux JO de Vancouver (2010) ?

Il a fallu surmonter ça. Ce n’est pas tellement la blessure qui était grave (rupture des ligaments croisés du genou), car n’importe quel sportif peut dire qu’il sait dans quoi il se lance quand il prend le départ d’une compétition ou quand il rentre dans une mêlée. N’importe quel sportif arrive à surmonter la blessure. Le côté psychologique était beaucoup plus dur. Je ne comprenais pas pourquoi on me repassait cette chute. Je peux comprendre que ça puisse être drôle. Je regarde des bêtisiers comme tout le monde et j’arrive à rire sur une chute. Mais quand je sais que le gars s’est fait une fracture du fémur, je ne vais pas rigoler. Je ne vais pas rire si un athlète se claque au départ d’un 100m. J’ai trouvé le côté « acharnement médiatique » un peu abusé. Mais ça fait partie de mon histoire.

Cette période est-elle encore dans un coin de votre tête ?

Je suis passée au-dessus de tout ça. Je n’avais rien à prouver en continuant le ski. Je n’avais pas envie de montrer que je pouvais y arriver. Avant les Jeux Olympiques, j’étais sur une spirale montante. J’avais attaqué un gros travail sur moi, sur mon ski et ma technique. Mais je me blesse à Vancouver. Ça met entre parenthèses l’évolution. Dès que j’ai réattaqué l’entraînement et les compétitions, j’ai retrouvé un meilleur niveau qu’avant les JO. 

Cet épisode de Vancouver est-il une des raisons de votre titre mondial ?

En ski, on a tout un travail de musculation qui est beaucoup plus important que les entraînements sur les skis. J’ai fait la rééducation normale d’une blessure à un ligament croisé. J’ai remis les skis au bout de six mois parce que tout allait bien. Je pense avoir travaillé comme pour n’importe quel retour de blessure.

Avez-vous l’impression que le ski n’est pas assez soutenu par le grand public ?

Je me sens soutenue car les amateurs de ski suivent et connaissent ce sport. Je ne skie pas pour la reconnaissance des autres. Je skie pour mon plaisir. C’est mon rêve depuis que je suis toute petite. J’adore mon sport et j’ai envie de devenir championne du monde et championne olympique.