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Wengen : Clarey à toute vitesse

Johan Clarey

Johan Clarey - -

Avec une vitesse de 161,9 km/h, Johan Clarey est devenu le descendeur le plus rapide de l’histoire du ski alpin, ce samedi à Wengen (Suisse). Pas suffisant pour monter sur le podium. Le Français a pris la 5e place d’une course remportée par l’Italien Christof Innerhofer.

161,9 km/h. Avec une telle vitesse, Johan Clarey aurait perdu trois points sur son permis de conduire. En ski alpin, ça lui offre le record de vitesse en compétition. « 161km/h, c’est assez incroyable ! Bizarrement, on me parle plus de ça que de ma 5e place, reconnaît Johan Clarey. C’est sympa car je pense que je vais garder le record un moment. Il me reste encore neuf points sur mon permis, ça va (rires). » Le skieur de La Clusaz efface ainsi la marque du Suisse Carlo Janka, qui avait été flashé à 158,77 km/h la veille lors du super-combiné. Avant ce week-end sur la Lauberhorn, le record datait de janvier 2005, avec les 156,96 km/h de l'Italien Stefan Thanei.

« J’étais déjà carbonisé à ce moment-là, reconnaît le Tricolore. Je me suis rarement fait aussi mal qu’aujourd’hui. J’essayais juste de me concentrer sur la trajectoire et d’aller le plus vite possible. Il y a beaucoup de vent dans les oreilles et on n’entend pas grand-chose. Je n’imaginais pas que j’allais aussi vite. On m’a dit ça en bas, j’étais super content. Je pourrais le raconter à mes enfants, quand j’en aurai (rires). » Si le Français est désormais le nouveau « bip bip » du circuit, il aimerait sans doute échanger cette performance « symbolique » avec un podium.

« J’ai été un peu trop gourmand »

Longtemps 3e au terme des 4 415m de la plus longue descente du circuit mondial, Clarey se contente finalement de la 5e place d’une course remportée par l’Italien Christof Innerhofer, entourés des deux Autrichiens Klaus Kroell et Hannes Reichelt. Comme quoi être le descendeur le plus rapide de l’histoire n’est pas forcément synonyme de podium. « J’avais les skis pour monter sur la boîte. J’ai fait quelques erreurs qui me coûtent un peu cher. Je suis quand même satisfait car je ne peux pas cracher sur une 5e place à Wengen, même si j’espérais un peu mieux. J’ai été un peu trop gourmand, ce qui m’a enlevé de la fluidité. Ce sont les petits détails qui font la différence. »

Absents des podiums depuis la 3e place d’Adrien Théaux à Sotchi, le 11 février 2012, les descendeurs français n’ont une nouvelle fois pas démérité. Avec trois skieurs dans le Top 10, les Bleus réalisent un beau tir groupé mais ratent encore les trois premières places. « Ça montre qu’il y a une superbe émulation dans ce groupe. On monte en puissance d’année en année, de course en course. On passe assez prêt du podium à chaque fois. Ça peut claquer à tout moment pour qui que ce soit. C’est bien mais on veut encore plus. » L’occasion de le démontrer dès la semaine prochaine sur la Streif de Kitzbühel