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Violences sexuelles dans le patinage: Gailhaguet tente de justifier sa réintégration de Beyer

Au lendemain de l'annonce de sa démission de la présidence de la Fédération française des sports de glace, Didier Gailhaguet a évoqué ce dimanche sur les antennes de RMC Sport le dossier sensible de la réintégration de Gilles Beyer à la fédération, malgré une première enquête ayant visé l'entraîneur dès 2001.

Pris dans le scandale de violences sexuelles agitant actuellement le monde du patinage artistique, et directement pointé du doigt par la ministre des Sports Roxana Maracineanu, Didier Gailhaguet a démissionné samedi de son poste de président de la Fédération française des sports de glace (FFSG). Au lendemain de cette annonce, l'ex-dirigeant était ce dimanche présent sur le plateau du RMC Sport Show. L'occasion pour lui d'évoquer un dossier sensible: la réintégration de Gilles Beyer, l'entraîneur accusé de viols, d'attouchements et de harcèlement par plusieurs patineuses.

En 2001, Beyer avait ainsi fait l'objet d'une enquête administrative, déclenchée sur la base du signalement de parents d'une jeune patineuse, qui avait conclu qu'il ne devait plus avoir "aucune fonction d'encadrement de jeunes" et avait conduit le ministère des Sports à mettre fin à ses fonctions de cadre d'Etat. Malgré sa mise à l'écart après cette enquête, Beyer a pourtant poursuivi sa carrière dans son club d'origine, les Français volants, jusqu'à sa récente éviction. Il a aussi effectué plusieurs mandats au bureau exécutif de la FFSG et, dans les années 2010, a organisé plusieurs tournées de gala de l'équipe de France de patinage.

"Je lui ai dit: tu ne peux pas entraîner"

"Vous évoquez les conclusions d’une enquête administrative qui a été diligentée. Mais pourquoi ne parlez-vous pas de l’enquête de police menée en parallèle? Une enquête qui elle blanchit M.Beyer", a d'abord tenté de se défendre Didier Gailhaguet. Avant d'assurer avoir fait le nécessaire de son côté.

"Je n’ignore pas l’enquête administrative, d’ailleurs à partir de ce moment nous renvoyons son contrat de préparation olympique auprès du ministère de l’Education nationale, puis du ministère des Sports, poursuit l'ex-président. Et le ministère des Sports le réintègre alors dans toutes ses fonctions à la fédération. [...] Il repart ensuite dans un club où il entraîne à Paris. Je vais voir un stage national un jour, et je m’aperçois que M.Beyer entraîne. Je lui dis: 'Tu ne peux pas entraîner.' Que me répond-il? 'On m’a rendu ma carte professionnelle, donc si, j’ai la possibilité d’entraîner.' Je vais alors voir le président du club, nous en parlons, et le président m’écoute et met M.Beyer à un poste plus administratif. Il n’est à ce moment-là plus sur la glace au contact des mineurs et des majeurs."

En 2011, dix ans plus tard, c'est pourtant Gailhaguet qui a validé le retour sur la glace de Beyer à l’occasion des championnats du monde juniors. "Il n’y a eu aucune suite à l’enquête, aucune sanction, aucune plainte", rétorque le dirigeant, en bottant en touche. Et de le répéter: "Concernant les comportements avec les femmes, je n’ai pas eu de faits qui m’ont été rapportés. Si tout le monde savait, pourquoi personne n’en a parlé?"

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