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Winter X Games Europe : show devant !

Les X-Games débutent mercredi, à Tignes

Les X-Games débutent mercredi, à Tignes - -

Pour la quatrième année consécutive, Tignes accueille dès mercredi les Winter X Games Europe, compétition de freestyle rassemblant les tout meilleurs mondiaux. Une répétition générale qui promet d’être spectaculaire, à un an des Jeux de Sotchi.

« La crème de la crème ». Sébastien Mérignargues, directeur de la station de Tignes, ne manque pas de superlatifs à l’heure d’accueillir la quatrième édition européenne des Winter X Games. Et pour cause… Pendant trois jours, l’élite mondiale du freestyle s’est donné rendez-vous en Savoie pour une compétition qui promet d’en mettre plein la vue. Entre le halfpipe et le slopestyle, deux petites disciplines qui montent, les spectateurs ne seront pas en reste en termes de sensations fortes. Rendez-vous mythiques des sports extrêmes aux Etats-Unis depuis 1997, les X Games ont leur version européenne depuis 2010, et le succès va croissant. La devise : du show, du show et encore du show.

Qu’on ne s’y trompe pas pour autant : le freestyle est bien un sport. Et si le spectacle reste une religion, la quête de la performance est aussi un moteur. « Quand on voit les riders, comme ça, on se dit que c’est des petits jeunes avec des looks un peu étonnants, donc on peut prendre ça à la rigolade ou se dire que ce n’est pas très sérieux, poursuit Mérignargues. Mais n’importe quelle personne qui a fait du ski une fois peut se rendre compte que c’est un sport de très haut niveau et que eux, ce sont des athlètes de très, très haut niveau. Là il n’y a que les vingt meilleurs du monde qui sont dans l’histoire, et le niveau est toujours monstrueux. C’est réellement un sport. »

Rolland : « Un sport à spectacle »

Les riders ont d’ailleurs atteint un tel degré de performance que le halfpipe et slopestyle, à l’origine marginaux par rapport aux traditionnelles disciplines alpines, feront leur apparition aux Jeux de Sotchi en 2014. Autant s’y habituer tout de suite, donc. Anaïs Caradeux (22 ans), triple médaillée aux X Games, fait les présentations : « Le halfpipe, c’est un demi-tube en neige où il faut passer d’un côté à l’autre en faisant des figures. Le slopestyle, c’est un enchaînement de bosses avec des barres en fer sur lesquelles il faut slider et faire aussi des figures ». Voilà pour les non-initiés.

Parlez-lui du paradoxe de cette discipline qui s’est au départ volontairement éloignée des sentiers traditionnels et qui retrouve aujourd’hui la voie institutionnelle par excellence avec les JO, Caradeux préfère sourire : « A la base, c’était des gens qui n’avaient pas envie de faire partie de la Fédération et de ces sports assez réglementés, un peu rigides. Ils ont donc créé des sports qui sont un peu plus libres. On s’exprime par nos tenues, nos tatouages, notre état d’esprit… Mais le niveau est de plus en plus haut, le risque de plus en plus important, et il nous a fallu amener ce côté un peu plus professionnel. Donc on essaie d’allier ce côté sportif de haut niveau tout en gardant notre philosophie ».

Le résultat de cette alchimie bien particulière sera à savourer pendant trois jours de show, ou de compétition - on ne sait plus vraiment comment les présenter. Ce qui est sûr, c’est que les interminables séances d’entraînement (gym, musculation, glisse) auxquelles ils s’astreignent, combinées à la volonté originelle de spectacle, offre un résultat délicieux qui vaut le détour. « C’est un sport à spectacle », entonnent en chœur Kevin Rolland et Thomas Krief, chefs de file de la délégation française en halfpipe à skis. Avec, chevillée au corps, l’envie d’aller chercher une médaille et, bien sûr, d’éblouir les foules…

Alexis Toledano avec Edward Jay