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Monfils joue la carte Winogradsky

Gaël Monfils

Gaël Monfils - -

Actuel 106e mondial, Gaël Monfils prépare son retour vers les sommets avec Eric Winogradsky, son nouveau coach depuis lundi. L’ancien entraîneur de Tsonga devra l’aider au moins autant à retrouver son tennis qu’à faire un travail psychologique pour chasser les doutes de son esprit.

Ils ont refusé de s’exprimer, le premier emmitouflé sous une capuche et fidèle à son attitude récente, le second laissant entendre qu’il ne pouvait rien dire pour l’instant. Comme un parallèle des besoins du moment. D’abord, les actes. Plus tard, les explications. Depuis lundi à Roland-Garros, sur les courts en terre battue du CNE, Gaël Monfils s’entraîne avec Eric Winogradsky. Un peu moins de quatre mois après s’être séparé de Patrick Chamagne, l’ancien numéro 7 mondial a retrouvé un chef d’orchestre pour manier la baguette de sa tentative de retour vers les sommets. Et pas n’importe lequel.

Car avec Winogradsky, « la Monf’ » récupère une vieille connaissance des meilleurs tennismen français. Coach de Richard Gasquet en 2002-2003, « Wino » a surtout longtemps - de 2004 à 2011 - pris en main la destinée de Jo-Wilfried Tsonga, vainqueur à Bercy et finaliste de l’Open d’Australie sous ses ordres. Un Tsonga aujourd’hui entraîné par… Roger Rasheed, l’ancien coach de Monfils (2008-2011). Au-delà de l’échange de bons procédés, l’histoire de ce huitième coach en carrière raconte l’esprit de reconquête de Gaël, déterminé à retrouver un classement plus digne de sa valeur - actuel… 106e - après avoir enfin retrouvé des genoux en état de marche.

Dominguez : « Il a besoin de quelqu’un qui le tempère, le pousse et le rassure »

« Eric Winogradsky est quelqu’un qui a des références et c’est important pour un joueur qui ambitionne de récupérer sa place dans le Top 10, juge Patrice Dominguez, le consultant tennis de la Dream Team RMC Sport. Il a aussi eu, avec Tsonga, une époque de reconstruction du physique et on peut faire la comparaison avec ce qui se passe avec Gaël. Eric est quelqu’un de très fin, très calme, et je pense que c’est ce dont a besoin Monfils. » Détaché par la FFT (où il était auparavant chargé du lien entre le CNE et l’INSEP) via l’intervention d’Arnaud Di Pasquale, responsable du haut niveau, Winogradsky devrait travailler avec son nouvel « élève » jusqu’à Wimbledon, fin juin.

D’ici là, il aura quelques semaines pour préparer le retour de Monfils sur les courts, prévu à Houston (8-14 avril) pour la saison sur terre battue. Tennis, tennis, donc, mais aussi travail psychologique. « Il lui fallait retrouver un guide, quelqu’un qui l’aide à se repositionner par rapport à ses ambitions, qu’il avait du mal à assumer seul, explique Dominguez. Gaël a une sorte de double facette. Il est très exubérant sur le terrain, mais dans la vie, c’est quelqu’un de très timide, qui doute beaucoup. Il a besoin de trouver l’équilibre entre les deux, donc il lui faut quelqu’un qui le tempère, le pousse et le rassure. Avec quelqu’un de sage et raisonné comme Eric, il est sur la bonne voie. » A voir Monfils parler une demi-heure durant avec Winogradsky à la sortie de l’entraînement, ce mercredi, le joueur agité et son coach dans une posture rassurante, on ne peut qu’approuver ce constat.

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Gaël Monfils

A. H. avec Camille Gelpi