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Tsonga, c’est grave ?

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Sorti du Top 10 mondial (11e) pour la première fois depuis septembre 2011, Jo-Wilfried Tsonga traverse une mauvaise période sportive. Simple passage à vide ou résignation mentale d’un joueur qui aurait perdu confiance en son potentiel ?

Deux ans et demi plus quelques jours. Et maintenant ? Fidèle du Top 10 mondial depuis le 12 septembre 2011, Jo-Wilfried Tsonga a perdu ce lundi son siège à la table des grands. Une onzième place au classement ATP qui reflète un début de saison 2014 compliqué. Avec un bilan de neuf victoires-cinq défaites hors Coupe Davis et une seule finale (à Marseille, défaite contre Ernests Gulbis), le Manceau n’affiche plus la régularité qui en faisait une valeur sûre du circuit. S’il peut s’accrocher à sa performance en Coupe Davis contre l’Australie, où ses victoires en simple puis en double (avec Gasquet) ont aidé au large succès (5-0) tricolore, Tsonga devra vite oublier la plus récente, à Indian Wells, où le Français a été sorti par son compatriote Julien Benneteau en deux sets (4-6, 4-6) dès son entrée en lice.

Un match durant lequel « Jo », dont le dernier titre en tournoi remonte février 2013 à Marseille, a fait transparaître sa frustration du moment en fracassant une raquette. Un geste rare chez lui. Signe d’un champion conscient de perdre son rang ? « Je dirais que c’est plutôt un bon signe, qui ne trompe pas chez lui, répond Eric Winogradsky, son ancien coach, responsable du haut niveau masculin à la Fédération (FFT). Quand quelque chose le frustre, il fait tout sortir d’un bon coup. Et après, on peut lui faire confiance pour que ça reparte dans le bon sens. » En réorganisant son staff en fin d’année dernière sous l’égide d’un duo de coaches, Thierry Ascione et Nicolas Escudé, le Français a fait un choix dont les effets sportifs tardent à se matérialiser.

Dominguez : « L'avion de chasse n'est pas un coucou mais pas loin »

« Il faut toujours une période d’adaptation mais elle dure un petit peu, estime Patrice Dominguez, ancien DTN et membre de la Dream Team RMC Sport. Ses entraîneurs nous avaient dit qu’il serait comme un avion de chasse au mois de mars. Jusqu’à présent, l’avion de chasse n’est pas un coucou mais pas loin. Ce n’est pas un problème physique mais tennistique et tactique, découlant d’un problème psychologique. Par frustration, par manque de confiance, on a l’impression que son jeu a perdu en agressivité. On a malheureusement la confirmation que c’était un joueur du Top 10 qui ne battait pas d’autres joueurs du Top 10. Il a non seulement continué dans cette voie mais il a surtout perdu contre des joueurs d’un calibre inférieur à son statut. »

A 28 ans – 29 dans un mois –, Tsonga fait-il face à la problématique psychologique d’avoir la sensation que son heure et sa chance de gagner un Grand Chelem sont passées ? « C’est très mal le connaître, juge Winogradsky. Il n’a absolument aucune résignation, bien au contraire. Il est loin de lésiner sur les efforts pour retrouver son niveau. Mais pour en avoir discuté avec lui, il est conscient que ça va certainement prendre un peu de temps. » Et Arnaud Clément, capitaine de Coupe Davis, de conclure sur une note positive : « Je ne crois pas qu’il soit résigné. Il n’a pas la garantie de se dire qu’il va gagner un Grand Chelem. Mais quand je discute avec lui, il est à fond et veut se donner le maximum de chances pour exploiter au mieux son potentiel et éventuellement aller chercher ce Grand Chelem ou cette Coupe Davis qui lui manquent. Dans une carrière, il y a des moments où on a des phases de doute. Cela montre qu’on essaie de réfléchir à comment être meilleur demain. Je suis persuadé que Jo va rebondir, que son travail va payer très vite. » Reste à savoir quand.

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Alexandre Herbinet avec Nicolas Jamain