RMC Sport

Tsonga n'était pas loin

Jo-Wilfried Tsonga

Jo-Wilfried Tsonga - -

Une superbe réaction d’orgueil dans le deuxième set n’a pas suffi à Jo-Wilfried Tsonga pour décrocher le premier grand titre de sa carrière. La légende de Roger Federer s’est encore une fois renforcée (6-3, 6-7, 6-3), avec une sixième victoire record aux Masters. Au grand dam du Français.

Tous les dimanches depuis trois semaines, Roger Federer bat Jo-Wilfried Tsonga. Le résumé est simpliste mais tellement frustrant. La légende suisse se renouvelle sans cesse, pour le plus grand malheur du Français. A Londres, ce dimanche, le plus grand joueur de l’histoire a survécu à un scénario qui semblait pourtant, pour une fois, pencher en faveur de son adversaire tricolore. Il lui a fallu résister au superbe sursaut d’orgueil de « Jo » dans le deuxième set. Et encore écarter la menace d’une 100e finale au goût amer dans la troisième manche. Pour enfin, après 2h19 de jeu, laisser éclater sa joie au centre de l’O2 Arena (6-3, 6-7, 6-3).

Déjà dominé en finale du Masters 1000 de Paris-Bercy et lors de l’ouverture des Masters de Londres, Jo-Wilfried Tsonga a offert une magnifique résistance. Mais il reprendra l’Eurostar avec une cargaison de regrets. Après avoir souhaité que Roger Federer se montre pour une fois moins gourmand, « Jo » a tout fait pour éviter d’être ramené à la dure réalité. Il a retrouvé une étincelle de vie quand plus personne ne s’y attendait, à 5-4 pour le Suisse et service à suivre pour ce dernier dans le deuxième acte. Un coup droit surpuissant l’a relancé en même temps qu’il privait l’actuel numéro 4 mondial du scénario idéal. « Jo » n’est pas mort, juraient alors les spectateurs de l’O2 Arena.

Federer dépasse Lendl et Sampras

Il mettait la main sur le tie break, décuplait le suspense et commençait à croire à une exceptionnelle danse des pouces en guise d’au revoir. Elle aurait été la plus belle de sa vie. Mais Roger reste Roger. Il a trop de talent, de classe, d’expérience, pour se laisser déborder par ses émotions et manquer une nouvelle opportunité d’inscrire son nom pour la sixième fois au palmarès des Masters. Un nouveau record, devant Ivan Lendl et Pete Sampras (5). Avec un ultime break et un jeu blanc sur son service, le Suisse a repoussé l’entrée définitive du Français dans la cour des grands. C’est dur pour Jo-Wilfried Tsonga. Sa saison folle, son parcours formidable sans entraîneur depuis huit mois, se conclut par une énième déception. Mais à force de tutoyer les sommets, le Manceau, demi-finaliste de Wimbledon et finaliste des Masters en 2011, finira par s’y hisser. En 2012 ?