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Coupe Davis : Les Bleus encore marqués par leur défaite en finale

Arnaud Clément et Gilles Simon

Arnaud Clément et Gilles Simon - AFP

Trois mois après sa défaite en finale de la Coupe Davis face à la Suisse, l’équipe de France s’attaque à l’Allemagne pour le 1er tour ce vendredi. Avec encore en mémoire, leur cuisant échec de Lille. Un souvenir douloureux censé, selon eux, leur servir de leçon.

« Elle est toujours profonde ». Un temps de pause. « Vraiment », finit par lâcher Gaël Monfils. « C’est une compétition que j’aime beaucoup, mais qui m’a fait beaucoup de mal l’année dernière donc forcément, je reste blessé. » Présent ce jeudi à Francfort pour commenter le tirage au sort des matches du 1er tour de Coupe Davis, qui le verra affronter en simple l’Allemand Philipp Kohlschreiber, la Monf’ a encore la tête à Lille. A cette défaite en finale de l’édition précédente contre la Suisse. A ce grand rendez-vous manqué. Et il n’est pas le seul.

« Oui, il a fallu encaisser cette défaite, qui a fait mal à tout le monde et qui est toujours présente aujourd’hui, qui restera sans doute pendant des années, peut-être pour toujours » raconte un Arnaud Clément, beaucoup plus détendu qu’il y a trois mois. Le capitaine des Bleus ne s’était plus exprimé depuis la défaite contre la bande à Roger Federer et les critiques virulentes dont il avait fait l’objet de la part de Yannick Noah. Il n’avait jamais pu débriefer cet échec avec ses joueurs, la faute à une incompatibilité d’agenda. « J’ai regretté qu’il n’y ait pas eu de débriefing. Si on avait voulu le faire, on l’aurait fait, estime l’ancien DTN et consultant tennis pour RMC Sport Patrice Dominguez. On aurait remis les pendules à l’heure, je pense, on aurait renommé le capitaine. Après un minimum de débriefing, on aurait mis tout le monde devant ces responsabilités. Pas seulement le capitaine, car il y a aussi les membres du staff. Mais… c’est passé. »

Simon : « On n’oublie pas parce qu’il ne faut pas oublier »

La « Clé », qui a reconnu du bout des lèvres des erreurs de communication autour de la blessure de Tsonga, assure être passée à autre chose. Comme ses joueurs, qui comptent dans leur rang un petit Bleu en Nicolas Mahut, qui honorera sa première sélection samedi lors du double. Un vent de fraîcheur bienvenue, aussi, pour un groupe encore marqué par le souvenir suisse. « Ils étaient extrêmement motivés pour repartir, assure Clément. Ils sont passionnés par la Coupe Davis. » « Je pense que tout sportif sait que ce sont des moments durs à oublier, donc c’est cool de repartir et d’avoir d’autres bons moments », confie pour sa part Gaël Monfils. Plus philosophe, Gilles Simon explique, à sa manière, que la cicatrice n’est toujours pas refermée. Et que d’une certaine façon, elle ne doit jamais l’être.

« Je pense qu’on n’oublie jamais vraiment. Ce n’est pas dans le sens ‘on n’oublie pas c’est un traumatisme’, c’est plus dans le sens ‘on n’oublie pas parce qu’il ne faut pas oublier’. Il s’est passé certaines choses que l’on a mal gérées. Il ne faut pas que ça se reproduise, donc on est obligé de les garder en tête. On a fait une vrai remise à plat après l’Argentine en 2013, on sentait qu’il y avait des choses qui n’allaient pas, il y avait pas mal d’inconnus. On ne savait pas toujours ce qu’il se passait chez les uns et les autres. On s’est dit que, dans un mode de fonctionnement en groupe, ce n’était pas possible et qu’il fallait tout mettre sur la table. A Lille, tout était sur la table. Ça s’est simplement mal passé. »

A.D avec E.S