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France : les trois clefs de l’exploit

Gaël Monfils

Gaël Monfils - -

Victorieux à la surprise générale de l’Espagne, double tenante du titre, les tennismen tricolores brigueront en septembre une place en finale de Coupe Davis. Une première depuis 2004. Comment ont-ils fait ?

Surface : un choix décisif

Ces dernières années, les décideurs français s’étaient souvent trompés au moment de choisir la meilleure surface pour gêner l’adversaire. En optant pour une moquette très rapide en salle, Forget et son staff ont réalisé le coup parfait : « Vous avez trouvé la bonne surface pour nous battre », reconnaissait après-coup le capitaine espagnol Albert Costa. « L’influence de la surface dans notre défaite est très importante », renchérissait un Verdasco en plein cauchemar. Arrivés à Clermont-Ferrand en (excès de ?) confiance malgré l’absence de Rafael Nadal, les Espagnols, qui restaient sur neuf victoires consécutives en Coupe Davis, n’ont jamais su trouver la parade sur un revêtement qui ne leur laisse pas de répit. Leur frustration et leur impatience les a sans doute perdus… 

Jeu : Llodra, l’atout-maître

Une fois la planche espagnole savonnée, encore fallait-il trouver le ou les joueurs capables de faire chuter les favoris. « Llodra joue le meilleur tennis de sa carrière », assurait Forget après le tirage au sort, justifiant la titularisation du grand gaucher au détriment de Simon ou Benneteau. Bien vu : le 35e mondial est un expert de ces surfaces au rebond bas et fusant, où son service et sa volée font merveille. Résultat, un Verdasco mis KO par les prises de risques incessantes du Parisien. « Ma plus belle victoire », lâchera un Llodra au bord des larmes. Avant de bisser le lendemain aux côtés de Benneteau pour apporter, au terme d’un double magnifiquement maîtrisé, le point décisif à la France. A 30 ans, le Parisien, conseillé depuis peu par Amélie Mauresmo, n’a plus le temps d’en perdre. Il est désormais une option majeure hors terre battue.

Ambiance : esprit, tu es là !

A Toulon déjà face à l’Allemagne (victoire 5-0), l’équipe de France avait dégagé une cohésion et une bonne humeur qu’on n’avait plus entrevues depuis plusieurs années. « On a tous confiance en l’autre », explique Benneteau. En ce sens, le forfait à Clermont-Ferrand du leader du tennis tricolore, Jo-Wilfried Tsonga, peut être considéré comme un mal pour un bien. Les joueurs retenus, à commencer par Gaël Monfils, vainqueur d’un superbe bras de fer face à David Ferrer, ont chacun assumé leur part de responsabilité. Progressivement mis en confiance par son capitaine, le Guadeloupéen semble enfin s’épanouir dans le collectif. Dernière bonne nouvelle : le réservoir tricolore est riche. En bonne forme, Gasquet, Simon, Mathieu ou encore Chardy peuvent eux aussi postuler. « Une Coupe Davis ne se gagne pas à quatre », assène Forget. Le secret d’un automne radieux ?

JFP