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Noah: "Pas de sélection politiquement correcte"

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Nouveau capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis, Yannick Noah a rassemblé ce week-end onze des joueurs qui formeront l’ossature de son effectif. Une première rencontre et l’occasion pour le patron des Bleus d’exposer son mode de fonctionnement. Sans compromis.

Sa vision du poste de capitaine

« Mon travail consiste à conseiller et à essayer de motiver les joueurs. Pour les motiver, il faut déjà les connaître, essayer de passer du temps avec eux, sur et en dehors du court. C'est ainsi que j'ai toujours travaillé. J’essaie de parler à l'entourage, les coaches, très souvent les compagnes. Cela va donc très loin parce que, forcément, pour connaître les joueurs, il faut connaître les personnes. »

L’objectif de ce rassemblement élargi

« L'objectif premier pour moi était de responsabiliser un peu tout le monde, pouvoir montrer à tous les joueurs qui étaient convoqués qu'ils étaient sélectionnables. Il n'y a pas de sélection politiquement correcte pour moi. »

L’ambiance

« C’était assez calme. On a parlé de choses assez générales. Ils ont beaucoup écouté. Pour certains, c'était mignon, il y avait un peu de timidité. Un courageux m'a demandé ce que j’allais faire de mes tournées, si des concerts étaient prévus pendant les semaines de la Coupe Davis. Cela a détendu l'atmosphère. On a parlé du staff. On a parlé du staff médical aussi, comment s'organiser. Le fonctionnement existe depuis 15 ans. Il y a des choses que j'essaie de faire évoluer pour l'intérêt du groupe. On en a un peu discuté. »

Ses exigences

« J’ai voulu définir la façon dont on va travailler. Pour les rendez-vous d'équipe, j'attends des joueurs qu'ils soient prêts. Il est hors de question de prendre des joueurs en convalescence ou pas prêts physiquement. J'essaierai de faire en sorte de créer une émulation, que ce soit pour le simple et pour le double. Je mettrai les joueurs en forme. Comme vous le savez, il m'est parfois arrivé de faire des sélections qui ont peut-être surpris des gens qui étaient à l'extérieur. Et même si à un moment cela peut nous coûter un ou deux matches, il y a des principes à garder et il faut s'y tenir. A partir du moment où l'on commence à faire des compromis, on perd l'autorité, la direction, l'esprit d'équipe. Mon mode de sélection doit être compris de tous et bien avant. Il n'y aura pas de surprise de la part des joueurs. »

« Certains n’ont eu pas eu l’attitude qu’ils devaient avoir »

Son mode de fonctionnement

« Cela va être très simple. J’appellerai trois semaines avant les joueurs concernés. J'attends des joueurs sélectionnés qu'ils puissent jouer trois jours. Il n'y a pas de raison que l'on ne joue pas trois jours. Je n'ai jamais entendu parler d'un mec qui ne joue pas la finale parce qu'il est fatigué. Si on est motivé et prêt, on peut faire du bon travail le lundi et mardi. Et si on fait de belles séances de travail le lundi et mardi, on a plus de chances d'être pris le vendredi. Je ne suis pas trop pour les traitements homéopathiques. Si certains ne sont pas prêts, d'autres le sont. Il y a des sacrifices à faire à partir du moment où on est motivé. Les programmes sont très chargés. Financièrement, il peut être intéressant de jouer certains tournois. Parfois, le planning est fait en fonction de cet aspect. À partir du moment où on décide qu'un des objectifs est de gagner la Coupe Davis, on fait ce type de sacrifice. La personne qui ira jouer sur un tournoi qui ne sera pas sur la même surface la semaine d'avant ne jouera pas. Ils le savent. »

Ce qui va changer

« Il y a, dans une équipe, quelque chose qui peut être gênant : l'habitude. Dans un groupe, à partir du moment où il y a des habitudes, cela peut être positif et négatif. J'ai trouvé que beaucoup de joueurs, depuis quelques années, n'avaient pas toujours l'attitude qu'ils devaient avoir sur le court quand ils ont le maillot de l'Equipe de France. J'essaie donc de changer cela et monter un staff qui parait être le meilleur possible pour l'équipe de France. Entre nous, la ligne est claire : confiance totale. »

Les erreurs du passé

« S'il y a eu de petites contre-performances, tout le monde en est responsable. Il y a eu un fusible, Arnaud (Clément) a payé pour tout cela mais ce n'est pas parce qu’Arnaud n'est plus là que certains vont se planquer. Je pense que certains ont des responsabilités et il faudra y faire face. Il faut dire les choses clairement, il n'y a rien de grave. Ce qui est fait est fait mais il faut se servir des erreurs passées pour bâtir quelque chose de plus solide. À un moment, on va en parler. »

C.G