RMC Sport

Ricci Bitti : « Un message très fort envoyé à la Tunisie »

Francesco Ricci Bitti, président de la fédération internationale de tennis

Francesco Ricci Bitti, président de la fédération internationale de tennis - -

EXCLU RMC SPORT. Pour avoir empêché Malek Jaziri d’affronter un Israélien, la Tunisie a été exclue pour un an de la Coupe Davis. Francesco Ricci Bitti, président de la fédération internationale de tennis, explique cette décision.

Francesco Ricci Bitti, la FIT a décidé d'exclure pour un an la Tunisie de la Coupe Davis. Pourquoi le conseil d'administration a-t-il pris cette décision ?

Les statuts de la fédération internationale de tennis sont très clairs, ils sont faits pour défendre l’intégrité et l’autonomie du tennis. Il ne peut y avoir de discriminations concernant l’origine, les ethnies ou les religions des joueurs. Avec les preuves que nous avons reçues dans cette affaire, il est clair qu’il y a eu des interférences. Il a été demandé au joueur (Malek Jaziri) de ne pas s’aligner contre un adversaire particulier (l’Israélien Amir Weintraub). C’est discriminatoire et ça n’a pas sa place dans notre sport. Nous avons décidé d’envoyer un message très clair, à savoir la suspension pour un an de la Tunisie pour la Coupe Davis.

Il s'agit d'un message particulièrement fort...

En effet, c’est un message très fort. Quand vous excluez un pays de la compétition la plus importante que vous organisez, il y a un message fort. Surtout pour les personnes qui sont à l’origine de cette histoire.

Qui sont les responsables dans cette affaire ?

La fédération, le ministère, les autorités politiques… Tout le monde se renvoie la balle. La fédération nationale tunisienne a donné la responsabilité au directeur technique. Je ne veux pas entrer dans les détails, mais il est clair qu’un message a été envoyé au joueur pour lui dire de se comporter d’une certaine manière. Et nous ne l’acceptons pas.

La décision a-t-elle été unanime ?

La décision a été unanime. Nous avons seulement demandé au représentant tunisien à la fédération internationale de ne pas participer aux débats. C’est la règle. En dehors de ça, tout le monde était d’accord.

Qu'en est-il de la situation du joueur Malek Jaziri, impliqué dans cette affaire ?

Le joueur a été relaxé. Mais le problème des joueurs est difficile. La compétition pendant laquelle s’est passée cette histoire est gérée par l’ATP. L’ATP a décidé de ne pas sanctionner le joueur et nous ne pouvons interférer dans cette décision. Il est vrai que dans la pratique, le joueur va être sanctionné puisqu’il ne pourra pas jouer la Coupe Davis. Indirectement, c’est peut-être une victime, mais c’est la seule manière de donner un message aux responsables.

La fédération tunisienne peut-elle faire appel de cette décision ?

Oui, elle peut faire appel. Nous ne savons pas encore si elle le fera. Si tel était le cas, l’affaire pourrait être jugée par le tribunal arbitral du sport (TAS).

A lire aussi :

>> Bis repetita pour Jaziri ?

>> La Tunisie suspendue en 2014

Propos recueillis par Camille Gelpi