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Simon n’a pas fait le poids

Gilles Simon

Gilles Simon - -

Défait par John Isner (6-3, 6-2, 7-5), Gilles Simon n’a pas existé. Le Niçois permet aux Américains de recoller, après la défaite de Ryan Harrison devant Jo-Wilfried Tsonga (7-5, 6-2, 2-6, 6-2). Et confirme ses difficultés en Coupe Davis.

« Gilles n’est pas loin du niveau d’Isner ». Sûr que Guy Forget a revu sa position depuis, surtout après la déroute de son joueur, ce vendredi, face au numéro un américain (6-3, 6-2, 7-5). Car il n’y a pas vraiment eu de match entre les deux hommes. « Il a une balle extrêmement lourde. C’était difficile de le contrer aujourd’hui », lâche Gilles Simon. La terre battue devait handicaper John Isner ? C’était oublié que l’intéressé avait fait mordre la poussière deux mois plus tôt sur cette surface un certain Roger Federer, déjà en Coupe Davis. Non, le plus gêné par la terre ocre, c’est le Français, « tendu » et incapable de donner de la puissance à ses échanges.

Le Niçois n’a pas, non plus, su forcer la décision quand il le fallait. Autrement dit quand le break lui tendait les bras, notamment en début de rencontre 1-1 (30-40). « J’ai des regrets sur ces balles de break car j’ai eu beaucoup d’occasions de le faire. Mais quand tu ne breakes pas une fois dans le match… ça donne ce genre de résultats. » Sans solution face à la mise en jeu adverse (83 % de points pour Isner sur son premier service), Simon a subi. Tout. Les longs coups droits adverses (30 gagnants). Les prises de risques (58 points gagnants). Ainsi que les volées au filet autoritaires d’Isner.

Toujours fâché avec la Coupe

Simon tentera bien de stopper l’hémorragie dans le troisième set. Plus entreprenant, moins passif, le Français mène l’échange, instille vraiment le doute dans l’esprit d’Isner. A 5-3, il entrevoit le bout du tunnel. A 5-4, avec une balle de set en sa faveur, il pense même pouvoir inverser le cours de la partie. « J’aurais vraiment aimé le gagner. Mais je n’ai pas eu de réussite. » Rien à faire, sur son service, Isner est intraitable. Un coup droit (encore), un break et un jeu de service rondement mené : l’épouvantail du team US plie l’affaire en deux heures sept minutes. Et ramène les siens à hauteur de la France, après la défaite quelques heures plus tôt de Ryan Harrison face à Jo-Wilfried Tsonga (7-5, 6-2, 2-6, 6-2).

La défaite de Simon conforte l’étiquette qui colle à son dos : celle d’un joueur fâché avec la Coupe. « C’est difficile. On joue des adversaires qui tiennent la route, des joueurs en confiance. Je ne pense pas avoir à rougir de ce que j’ai fait aujourd’hui. La rencontre n’est pas finie. Si jamais je dois jouer un match à 2-2, j’espère que ce sera une autre histoire. » Elle devrait s’écrire contre Ryan Harrison, que le Niçois avait difficilement battu en 16e de finale à Indian Wells (7-6, 5-7, 6-1). « J’ai quand même joué des finales de tournoi, joué les meilleurs joueurs du monde, un Masters… Evidemment, ce sera un match difficile. Mais cette fois, je rentrerai dans la peau du favori. » Avec la victoire au bout ?

A.D avec E.S et R.M, à Monte-Carlo