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Y.Noah : "J’ai été obligé de tout boire !"

Yannick Noah

Yannick Noah - AFP

EXCLU RMC Sport - Yannick Noah était l’invité du Super Moscato Show sur RMC au lendemain de la victoire de l’équipe de France face au Canada au 1er tour de la Coupe Davis. Enthousiasmé par son week-end en Guadeloupe, le capitaine des Bleus n’a pas caché sa tristesse de voir partir ses joueurs ce lundi matin…

Yannick, comment allez-vous après s’être première victoire ? Il n’y a que du bonheur !

Retrouver le vestiaire, des sourires partout… Les joueurs sont partis ce matin à 5h30. J’avais un peu les boules. Ils sont tous sur le chemin de la Californie et moi, je reste deux-trois jours ici. Je profite un peu. C’est une petite descente, j’ai un petit blues.

Le bilan de ce 1er tour est-il positif à 100% ?

C’est tout positif. En deux semaines, on n’allait pas tout changer. On a mis les choses sur de bonnes bases. Il faut essayer de progresser, de bosser. D’ici le prochain tour, ils auront une dizaine de tournois dont Roland-Garros et Wimbledon. Il y a vraiment du boulot.

Vos prochains adversaires sont les Tchèques chez eux. Avez-vous l’impression que les choses commencent vraiment maintenant ?

Ça commence dès le premier jour de stage. On a donc commencé notre campagne depuis quinze jours. On apprend à se connaître, on voit comment on a envie de travailler. C’est une première prise de contact très positive. Ensuite, on va jouer contre une équipe qui est forcément plus forte, à l’extérieur. J’aime beaucoup cela car on est naturellement plus motivé à l’extérieur. On aura tout le monde contre nous dans des conditions différentes. Jouer sur surface rapide (le choix de la surface n’est pas encore acté, ndlr), ça ne gêne pas. L’année dernière, Gasquet est arrivé en demi-finales à Wimbledon donc on sait faire.

Ce groupe peut-il gagner la Coupe Davis ?

On a un bon groupe, il est particulier parce qu’on a quatre bons joueurs de simple. C’est toujours difficile de choisir. Ils sont tellement différents. Au moment du choix, il y a toujours un doute. Mon boulot maintenant, ça va être de mettre les meilleurs au moment de jouer. On va essayer d’instaurer un nouveau fonctionnement. D’habitude, on arrive quatre jours avant une rencontre, le dimanche. Je vais essayer de faire en sorte que les gars arrivent le jeudi ou le vendredi précédent pour vraiment travailler et avoir les informations sur l’état de forme.

Comme les joueurs ont-ils ressenti leur séjour ?

On a les boules, on a passé 15 jours très riches, très très forts humainement. Ce matin, j’avais le blues et eux aussi.

Parmi les points négatifs, il y a le double Gasquet-Tsonga qui a dû batailler pour gagner. Est-ce votre principale interrogation ?

C’est très difficile de jouer quand on a tout à perdre. En double, c’est encore plus compliqué qu’en simple. C’est comme si on vous disait de jouer une équipe de L2 alors que vous êtes en L1, et que vous jouez sur 20 minutes avec les penalties juste derrière. Les critiques, c’est très bien. Elles doivent être constructives. On a du travail. Mais c’est une équipe qui a joué trois fois en Coupe Davis et qui a trois points. C’est tout ce que je vois. Techniquement, il y a des choses à améliorer. Il faudrait des automatismes, qu’ils jouent plus souvent. La porte est ouverte pour les autres équipes. Pour moi, l’équipe de France c’est neuf joueurs dont deux équipes de doubles, Mahut-Herbert et Benneteau-Roger-Vasselin. S’ils ont des résultats, ça va booster l’équipe et tirer tout le monde vers le haut.

Qu’allez-vous faire ce soir ?

(Il hésite) Ce soir… Ti-punch à volonté et en avant ! Ah il y a un truc qui m’a fait halluciner. Après la victoire, on avait Champagne et bières dans le vestiaire. Les mecs ne boivent rien ! Du coup, j’ai été obligé de tout boire. La mort dans l’âme bien sûr…