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Mauresmo : « Un investissement total »

Amélie Mauresmo

Amélie Mauresmo - -

Nouvelle capitaine de l’équipe de France de Fed Cup, Amélie Mauresmo n’entrainera plus la numéro 1 mondiale, Victoria Azarenka, pour se consacrer pleinement à sa mission. Elle veut discuter avec Marion Bartoli avant d’envisager son retour.

Amélie, est-ce un rêve qui se réalise avec votre nomination en tant que capitaine des Bleues ?

Non, pas vraiment. D’abord, quand tu es joueuse, tu ne rêves pas d’être capitaine. Mais c’est vrai que depuis que j’ai arrêté, il y a maintenant trois ans, je n’ai jamais caché que c’était un poste qui m’intéresserait. Même si on en a beaucoup parlé ces dernières semaines et ces derniers mois, le fait que ça se concrétise, c’est une grosse fierté, une grosse émotion pour moi. Même si je mesure le travail qui m’attend et les responsabilités qui sont maintenant les miennes. Pour moi, ça a toujours été un poste important parce qu’il y a toujours eu ce respect en tant que joueuse vis-à-vis des différents capitaines qui se sont succédés. Me retrouver de l’autre côté, c’est vraiment sympa.

Quel genre de capitaine voulez-être ?

Je ne sais pas… C’est très difficile. On n’est pas formé pour ça. On est dans l’instant, au ressenti. Mais je vais essayer de communiquer au maximum avec les joueuses, sur le jeu, sur une gestion de carrière, sur ces erreurs que moi j’ai pu faire dans ma carrière. C’est assez global. Il y aura évidemment les semaines pures de Fed Cup et de compétition, mais j’envisage mon rôle comme quelque chose d’un peu plus sur la durée, sur la continuité, tout au long d’une saison. Pour être performante sur ces semaines de Fed Cup, c’est bien de l’être sur toute une saison.

Le tennis féminin français est au creux de la vague…

Pour moi, le challenge, il est sur le long terme, voire sur le moyen terme. Je n’arrive pas avec une baguette magique, je ne vais pas faire de miracle. Mais j’ai l’impression qu’avec du travail de fond, avec un peu de patience, on va y arriver. Que ce soit avec la génération actuelle, ou en impactant sur les générations qui vont suivre. Afin de pouvoir progresser avec le groupe actuel et alimenter le groupe France avec des individualités de plus en plus fortes.

« Avec Marion, il faut qu’on se parle »

Justement, la meilleure Française aujourd’hui, Marion Bartoli n’est plus revenue en Fed Cup depuis longtemps. Vous avez entrouvert la porte. Va-t-elle revenir en équipe de France ?

Il y a déjà eu des discussions, c’est sûr. De toute façon, je n’ai jamais abordé avec Marion ou avec Walter (son père et entraineur) spécifiquement les demandes qu’ils pouvaient avoir. Pour moi, la première étape sera de se poser avec elle et avec eux pour pouvoir comprendre quels sont ses souhaits et ses envies. Après, ce sera à moi de déterminer ce que les filles peuvent faire et ne pas faire, ce qui est acceptable et pas acceptable. Mais pour l’instant, je ne peux pas vous donner des choses concrètes dans la mesure où avant, il faut qu’on se parle avec Marion.

Vous avez plusieurs casquettes : consultante, organisatrice de tournoi, coach. Comment allez-vous concilier tout cela ?

Les joueuses, vis-à-vis de ma collaboration avec Victoria Azarenka, n’ont pas été catégoriques, en exprimant le souhait que j’arrête. Mais j’ai senti quelques réticences et des questionnements par rapport à ça. Et par rapport au climat de confiance que moi j’ai envie d’instaurer avec l’équipe, avec le staff. Je fais donc le choix de donner la priorité à ce poste de capitaine de Fed Cup. C’est un choix, un renoncement aussi. Et en tout cas, un investissement total pour cette équipe de France. Ce que j’attends aussi de la part des joueuses, ce qui me semble assez logique.

Propos recueillis par Rodolphe Massé