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Azarenka, une touche française

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La Biélorusse affronte ce samedi Maria Sharapova en finale de l’Open d’Australie, à Melbourne (9h30 heure française). En ligne de mire, une première victoire en Grand Chelem. Derrière cette belle réussite, un entraîneur français encore méconnu, Sam Sumyk.

Question : quel est le point commun entre Victoria Azarenka, Elena Likhovtseva, Vera Zvonareva et Meilen Tu, toutes actuelles ou anciennes membres du Top 40 mondial ? Réponse : Sam Sumyk. Depuis deux ans, ce quadragénaire breton aux allures de navigateur est l’entraîneur de la Biélorusse, n°4 mondiale et finaliste de l’Open d’Australie ce samedi face à la diva russe Maria Sharapova. Alors que sa réputation sur le circuit féminin est déjà bien établie, son CV ci-dessus en atteste, Sumyk est un quasi-inconnu en France.

« Sam est un très bon coach, raconte ‘Vika’. Il est vraiment dur parfois et il peut être brutal. Je suis sérieuse (sourire) ! Mais quand il est brutal, il y a une bonne raison. Il m'aide, sur le court mais aussi en dehors, pour apprendre à gérer mes émotions notamment. » Le mental, c’était jusqu’à présent le talon d’Achille de la grande Biélorusse (1,80m), née à Minsk il y a 22 ans. Patiemment, Sumyk a su en faire une force, comme en témoigne la victoire d’Azarenka en trois manches sur Kim Clijsters en demi-finale. Un match qu’elle aurait peut-être perdu il y a quelque temps.

Comme il le confiait récemment au site WeLoveTennis, le Français, adepte de la double dose d’entraînement quotidien, avec footing et/ou muscu à la clef, a une sainte horreur de la défaite et du culte national du « héros malheureux ». « On n’est pas plus cons que les autres. Mais je suis fatigué d'entendre le même discours depuis trente ans. Je n'aime pas notre approche du sport. (…) Les syndromes Poulidor, ça m'emmerde. (…) On supporte toujours ceux qui ne gagnent pas. Et, lorsqu’on en a qui gagnent enfin, on les attaque ! »

« Avec Sam, c’est une très belle relation »

L’époux de Meilen Tu, joueuse américaine d’origine chinoise, ex-n°35 mondiale, espère bien mener ce week-end sa joueuse à son premier titre en Grand Chelem. Ce serait également son premier d’une carrière d’entraîneur entamée dans les années 90. Assurément un moment d’exception à vivre face à Maria Sharapova, sœur jumelle d’Azarenka en apparence (blonde, jambes interminables, puissance, jeu en cadence, cris stridents…) mais loin d’être sa meilleure amie sur le circuit (c’est Caroline Wozniacki… à qui elle pourrait chiper la place de n°1 mondiale en cas de succès à Melbourne). 

« Avec Sam, c'est une très belle relation, conclut la première Biélorusse en finale d’un Majeur depuis Natasha Zvereva en 1988. On est de bons amis, si on peut appeler ça comme ça. On s'entend vraiment bien. Je pense qu'on va travailler ensemble pendant longtemps. » Collectionneuse compulsive d’escarpins de grandes marques, Victoria Azarenka semble avoir trouvé avec Sam Sumyk chaussure à son pied.