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Le melting pot d’Azarenka

Première pour Azarenka

Première pour Azarenka - -

La nouvelle numéro 1 mondiale s’est entourée de gens de tout horizon pour renforcer son mental et améliorer une condition physique souvent fragile. Autour d’elle, un entraîneur français, un kiné américain et un petit ami ukrainien.

Victoria Azarenka est devenue la première joueuse bélarusse de l’histoire à remporter un tournoi du Grand Chelem, ce samedi lors de l’Open d’Australie. Une manière de mettre en avant ce petit pays d’un peu moins de dix millions d’habitants qu’elle a pourtant quitté depuis huit ans déjà. Pour monter sur le toit du monde du tennis féminin (elle deviendra numéro 1 mondiale lundi), Vika n’a en effet pas hésité à faire ses valises pour les Etats-Unis à l’âge de 14 ans, tout comme la Russe Maria Sharapova qu’elle a battue ce samedi à Melbourne (6-3, 6-0).

Grande espoir du tennis mondial, la native de Minsk doit aussi une part de son succès récent à un entourage international. Et notamment à Sam Sumyk, son entraîneur français depuis 2010. « Je suis ravi pour elle, a déclaré le Breton d’origine. Je sais qu’elle est capable de faire ça. Je pense qu’elle le sait aussi. » Depuis peu en tout cas. Car malgré une facilité certaine, la joueuse de 22 ans s’est souvent distinguée par ses sautes de concentration dues à un mental très friable. « C’est un grand changement de passer d’Antonio Van Grichen à Sam Sumyk, assure-t-elle. Il a une mentalité et une approche complétement différente. Il me guide vers une attitude de gagnante. Il m’a aidée à trouver ma voie. Je lui dois beaucoup de choses, il m’a éduquée. »

Entraînement et résidence à Monte Carlo

La présence du kiné français, Jean-Pierre Bruyère, n’est pas non plus étrangère à cette ascension expresse entamée en 2011 (quarts de finale à Roland-Garros, demi-finale à Wimbledon) après de nombreuses galères physiques. Sam Samyk a également rendu hommage à Mike, le kiné américain, qui dorlote la belle de Minsk et complète cette tour de Babel.

Côté vie privée, Azarenka mène la dolce vita avec le tennisman ukrainien, Sergei Bubka Jr. du côté de Monte Carlo, son lieu de résidence et d’entraînement où elle croise parfois le fer avec Julien Jeanpierre, 16e de finaliste à Roland-Garros en 2004, son sparring-partner… français. Un joli melting pot au fonctionnement payant…

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Sumyk : « Ça va à 10 000 tout le temps »|||

Arrivée sur le circuit WTA en 2005, Victoria Azarenka accédera lundi à la plus haute marche du classement féminin. La Bélarusse reste pourtant relativement méconnue. « Elle est bourrée d’humour, bourrée d’énergie. Ça va à 10 000 tout le temps, dresse comme portrait Sam Sumyk. Je suis un peu vieux pour suivre mais je la laisse faire ! Elle est incapable de rester cinq minutes dans un canapé pour discuter. Elle peut, au grand maximum prendre un café. Il faut toujours qu’elle fasse quelque chose même quand elle a un après-midi off. Elle ne s’arrête jamais. Vous ne pouvez pas l’attacher à un poteau. C’est comme ça qu’elle se sent bien. A elle de trouver le bon équilibre pour ne pas que ça influence dans le mauvais sens son tennis. Il faut la laisser faire. Si elle est heureuse comme ça, c’est parfait. »

Nicolas Couet avec Eric Salliot à Melbourne