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Open d’Australie : tout sourit enfin à Chardy

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Tombeur de l’Italien Andreas Seppi, Jérémy Chardy a atteint cette nuit le premier quart de finale de sa carrière en Grand Chelem à l’Open d’Australie. A 25 ans, le Palois exprime enfin son potentiel après un parcours personnel chaotique.

« Je le considérais comme un second père et voilà qu’il me trahit comme ça. » Avril 2011, en marge du tournoi de Monte-Carlo, Jérémy Chardy expose le conflit qui l’oppose à l’entraîneur dont il vient de se séparer, Frédéric Fontang. Ce dernier lui réclame 500 000 euros en vertu d’un contrat sans doute mal appréhendé par le Palois qui liait les deux hommes. Joueur doué (vainqueur de Wimbledon juniors en 2005), mais terriblement conditionné à l’affect, Chardy plongera mentalement suite à cette histoire, qui lui coûtera finalement 180 000 euros. « C’était la pire période de ma carrière, peut-être même de ma vie, se souvient-il. Chaque jour, j’étais vraiment triste », n’élude pas le Béarnais qui a donc retrouvé le sourire. Et pour cause. Jérémy Chardy s'est qualifié cette nuit pour les quarts de finale de l’Open d’Australie suite à son succès sur l’Italien Andreas Seppi (5/7 6/3 6/2 6/2).
Une réhabilitation lentement façonnée au sein de l’académie Mouratoglou depuis deux ans. « L’académie m’a beaucoup aidée, notamment à m’entraîner très dur chaque jour même si les résultats n’étaient pas là. Aujourd’hui, je suis récompensé, je me suis reconcentré sur mon tennis. J’ai mis à part cette histoire. Je me sens très bien en dehors du terrain », appuie-t-il, lui qui se félicite d’avoir retrouvé une relation très forte avec son nouvel entraîneur, Kerei Abakar.

« J’ai du mal à savourer »

Un coach et une académie Mouratoglou qui ne se sont pas contentés d’intervenir sur l’esprit du sensible jeune homme. Son jeu a également évolué. « Avec Jérémy, on s’entend très bien, mais quand on parle tennis, on ne joue pas au même sport tous les deux », soulignait Gilles Simon après son défaite face à Andy Murray (6/3 6/1 6/3), futur adversaire de Chardy. Sous-entendu du Niçois ? La tactique entrerait peu dans la réflexion du Palois.
La remarque est désormais moins pertinente. Disposant d’un service de plomb et d’un coup droit détonant, Chardy étale désormais ses progrès tactiques et techniques grâce à un nouveau revers slicé qui gêne les joueurs puissants. Le succès face à Del Potro, au 3e tour, en fut la meilleure preuve. Un succès qui fera date, acquis également au mental, nouvelle preuve qu’il ne lâche plus. Cet Open d’Australie compris : « J’ai du mal à vraiment savourer, le tournoi n’est pas terminé. Je crois vraiment en mes chances. »
Gêné par une douleur au genou et amoindri physiquement par des tours précédents exigeants, Chardy affrontera Andy Murray en quarts, un joueur qu’il avait cueilli à Cincinnati (6/4 6/4) à la sortie du tournoi olympique victorieux de l’Ecossais. Avant ce nouveau sommet, Arnaud Clément, capitaine des Bleus, aura livré la composition de l’équipe de France de Coupe Davis pour affronter Israël, début février, à Rouen. Une sélection pour acter la guérison ?

Mathieu Idiart avec ES