RMC Sport

Pavlovic, l'espoir n'est plus clandestin

Irena Pavlovic

Irena Pavlovic - -

Seule Française à être sortie des qualifications, Irena Pavlovic (23 ans) jouera lundi le premier tour de l’Open d’Australie. Son parcours, qui l’a menée de la guerre en ex-Yougoslavie à la banlieue parisienne dans des conditions précaires, est pour le moins atypique.

Elle écoute du jazz dans son lit, avant de s’endormir. Et du rap dans les vestiaires, avant d’entrer sur les courts de tennis. A 23 ans, Irena Pavlovic a vécu beaucoup trop de choses pour se laisser perturber par des avis interrogatifs sur ces choix musicaux plutôt éclectiques. Née à Belgrade en septembre 1988, elle ne porte pas les couleurs de la Serbie comme Novak Djokovic, Ana Ivanovic ou Jelena Jankovic. Mais celles de la France. Issue des qualifications, elle jouera le premier tour de l’Open d’Australie ce lundi contre la Néo-Zélandaise Marina Erakovic, née la même année à Split (Croatie). Leur destin doit être assez proche.

A l’âge de 3 ans, Irena a suivi ses parents qui fuyaient la guerre qui allait faire imploser la Yougoslavie. « On ne pensait pas rester en France aussi longtemps », explique la joueuse tricolore. Actuellement 218e au classement WTA, la Montreuilloise (Seine-Saint-Denis), qui joue « à deux mains comme Marion (Bartoli) », n’a pas encore confirmé au haut niveau les commentaires élogieux qui l’entouraient il y a quelques années. Seul un premier tour à Roland-Garros, perdu, figurait jusque-là sur sa carte de visite. A l’instar de Richard Gasquet, qui faisait la couverture de Tennis Magazine à 9 ans, Irena Pavlovic était pourtant présentée comme un grand espoir pour le tennis français.

Ses parents travaillaient au black

« Il faut me laisser le temps pour mûrir tranquillement, confie-t-elle. J’ai eu des pépins de santé qui ne m’ont pas aidée. J’avais des petits soucis avec mon entourage aussi, qui se sont réglés avec le temps. » Avec le temps, les souvenirs de son enfance pourraient s’effacer. Or, jamais, sans doute, ils ne disparaitront. « On a été clandestin pendant huit ans, raconte Irena Pavlovic. C’était une période difficile, surtout pour mes parents. Je leur ai toujours tiré mon chapeau. Mais tout ça, ça forge et ça fait partie de mon histoire. » Si une grand-mère, qui habitait déjà en France, les a aidés, ses parents ont travaillé « au black ». Et elle a eu « de la chance de tomber sur deux entraîneurs qui n’ont jamais rien fait payer à [ses] parents ». « J’ai appris à utiliser tous les moments difficiles que j’ai connus dans ma vie pour avancer », assure-t-elle. Lundi à Melbourne, sa carrière pourrait carrément faire un bond.