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Simon-Benneteau, un duel salé

Gilles Simon

Gilles Simon - -

Les deux Français, qui se disputeront ce jeudi un ticket pour le 3e tour de l’Open d’Australie, ne présentent ni le même profil, ni le même caractère. Des échanges plutôt froids ont même lancé le match en coulisses.

En se pressant sur le court puis la douche, Jo-Wilfried Tsonga devrait pouvoir arriver à temps pour ne pas manquer le choc franco-français de ce jeudi, au 2e tour de l’Open d’Australie. Le meilleur joueur tricolore, qui défiera en milieu de journée le Brésilien Ricardo Mello, a déjà prévu d’allumer sa télé pour observer avec une certaine excitation le duel entre Gilles Simon et Julien Benneteau, programmé en dernier sur le court numéro 6. « Je ne veux pas leur mettre la pression, mais c’est un match à haute tension, quand même ! » sourit Jo.

Entre le Niçois, 27 ans, et le Burgien, 30 ans, l’ambiance est plutôt froide. « Comme à chaque fois que je joue un Français, je n’en parle pas plus que ça », assure avec aplomb Gilles Simon. « Il y a pire, il y a mieux. C’est comme ça », indique pour sa part, laconiquement, Julien Benneteau. Et c’est en maniant le second degré que l’aîné rejette une question sur leur rivalité présumée. « Une rivalité ? Non, ce n’est pas vrai. Vraiment pas. On croit parfois des choses fausses (rires). » Si leurs caractères invitent à surveiller la rencontre avec attention, leur état de forme laisse présager d’un contenu intéressant.

Dominguez : « Pas loin de leur meilleure forme »

En ce début d’année, l’un a été demi-finaliste à Brisbane (Simon) et l’autre finaliste à Sydney (Benneteau). Mais le cadet, 14e au classement ATP, devra avoir digéré un 1er tour en cinq sets et 3h20 face au Thaïlandais Danai Udomchoke (6-1, 3-6, 6-7, 6-3, 6-2). « Ce sont deux joueurs qui ne sont pas loin de leur meilleure forme, explique Patrice Dominguez. Si Gilles n’est pas trop marqué physiquement et qu’il ne ressent pas psychologiquement la particularité de ce match, je pense qu’il peut user Julien. Il a les armes pour gagner cette partie. » Et une approche tactique singulièrement différente.

« Julien est plus tourné vers l’attaque quand Gilles est plutôt un coureur à pied, qui joue l’échange de fond de court, le contre, qui use ses adversaires », ajoute l’ancien DTN. A l’approche du 1er tour de la Coupe Davis (10-12 février), qui verra les Bleus se déplacer en Suisse, l’issue de ce choc pourrait aussi avoir des conséquences sur les choix de Guy Forget. « Ça va être dans leurs têtes, même si Julien joue plus pour une sélection en double, estime Patrice Dominguez. Perdre un match comme ça, ce ne serait pas un bon point pour une sélection en simple. » Entre les deux, il y a décidément bien plus qu’un 3e tour à Melbourne en jeu…