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Trois choses à savoir sur Wawrinka

Stanislas Wawrinka

Stanislas Wawrinka - -

Le Suisse Stanislas Wawrinka a créé la sensation mardi en éjectant Novak Djokovic de l’Open d’Australie, dont le Serbe était triple tenant du titre. Cet exploit met en lumière un joueur qui gagne à être davantage reconnu. La preuve.

Enfin, il se paye un gros

L’année dernière, dans ce même théâtre de la Rod Laver Arena, Novak Djokovic et Stanislas Wawrinka s’étaient déjà livré à un combat titanesque en huitièmes de finale, conclu au terme des 5 manches (12-10 au 5e set) et plus de 5 heures. Le mental en acier trempé du Serbe lui avait permis de s’en sortir avant de finalement remporter le tournoi. Le bon « Stan » avait confirmé une fois de plus son incapacité à renverser les gros. Car la victoire « historique » de Wawrinka ce mardi en quart de finale (2-6, 6-4, 6-2, 3-6, 9-7), s’analyse d’abord à l’aune de ses statistiques face au trio Nadal-Djokovic-Federer. Contre Rafa, c’est simple, le Suisse a concédé 12 défaites en autant de matches. Face à son compatriote « Rodgeur », c’est à peine mieux : une victoire en 16 confrontations. Quant à Nole, un adversaire qu’il n’avait plus battu depuis 2006, les chiffres indiquaient 15-2 en faveur du Serbe avant le premier coup de raquette de la partie.

Un bon pote qui se transforme en killer

Wawrinka pointe aujourd’hui au 8e rang mondial. Mérité au vue de sa superbe année 2013 (quart à Roland-Garros, demi-finale à l’US Open). Avenant, bien élevé, c’est l’un des bons potes du circuit, et notamment du clan tricolore. L’ami « Stan » n’oublie jamais de donner des nouvelles sur twitter, comme en témoignent ces photos envoyés quelques minutes avant son match face à « Djoko ». Ses vannes échangées avec Benoît Paire sur le réseau social n’ont, par exemple, rien à envier aux pitreries devenues célèbres du Serbe. Mais Stan manquait jusqu’à présent de ce « truc en plus » pour résister aux meilleurs dans les derniers tours d’un Grand Chelem. Stakhanoviste des courts, Wawrinka récolte à 28 ans les fruits de son travail acharné. Et le bras qui chancelait dans les grandes occasions ne tremble visiblement plus et lui permet d’aspirer aux plus hautes cimes du circuit. Son magnifique revers à une main le mérite.

Getting ready ... @AustralianOpen pic.twitter.com/k4vbSXNFrc
— Stanislas Wawrinka (@stanwawrinka) 21 Janvier 2014

Tuer le père Federer

Sans doute a-t-il tout de suite compris qu’il n’y aurait pas beaucoup de place dans l’ombre de Roger Federer. Stanislas Wawrinka aura conduit sa carrière sans état d’âme, acceptant le rôle d’éternelle doublure du géant helvète. Mais chez cet énorme bosseur perce aujourd’hui une nouvelle ambition. Passer devant le maitre, au classement ATP du moins. Aujourd’hui, Federer pointe au 6e rang. Soit deux places devant Wawrinka. Mais si ce dernier s’impose à Melbourne, il grimpera à la 3e place… La Suisse a impulsé la tendance dans son classement des sportifs de l’année 2013 en plaçant Stan à la 2e place, Rodgeur ne se classant que 6e. Et puis il y a le maitre lui-même, qui ne cesse d’encourager l’éclosion du « petit ». Uni, le tandem a accroché une médaille d’or olympique à son palmarès en remportant le double à Pékin en 2008. On se souvient de l’image d’un Roger se penchant sur son compatriote tel un magnétiseur après la balle de match, pour puiser un peu de l’incroyable énergie déployée par Wawrinka en finale.

S.R