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Tsonga et Chardy face à la double muraille

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Jo-Wilfried Tsonga et Jérémy Chardy devront réaliser l’exploit la nuit prochaine pour rejoindre les demi-finales de l’Open d’Australie face aux numéros 2 et 3 mondiaux, Roger Federer et Andy Murray. Peuvent-ils le faire ?

Une demi-finale Tsonga Chardy à Melbourne ? D’hautement improbable il y une dizaine de jours, l’affiche est devenue « possible », alors qu’il ne reste qu’une marche à gravir pour rallier le dernier carré. Et c’est déjà énorme. Deux Français quart de finalistes d’un même Grand Chelem, on n’avait vu ça que neuf fois dans l’histoire de l’ère Open. Légèrement accidenté jusqu’alors, hormis les gros pourcentages de l’obstacle Del Potro pour Chardy en 16e, le parcours du duo tricolore va verser dans le hors catégorie. Face à la légende Federer, toujours accrochée au 2e rang mondial, et à l’aspirant roi Murray (numéro 3), enfin dépucelé en Grand Chelem après son sacre à l’US Open en septembre dernier, une victoire française sera synonyme d’exploit.

Son grand soir contre le Suisse (prévu à 9h30 mercredi, heure française), le numéro 1 français l’a préparé à l’abri des regards. «Dans le moteur, il y a encore tout ce qu'il faut, prévient Tsonga. Federer, c’est celui qu’on attend toujours. Pour moi, c’est un super match. » Les deux hommes se connaissent bien, Tsonga était même le sparring-partner du Suisse lors de sa tournée triomphale en Amérique du sud en décembre dernier. Et Federer se méfie d’un rival qui l’a déjà battu à ce stade de la compétition dans son jardin de Wimbledon (2011). « Jo est très explosif, il a un super service, analyse Federer. Et il se plait bien en Australie. Il avait joué le plomb contre Rafa en 2008 (en demi-finale, ndlr). »

Chardy : « Jouer pour gagner »

Les raisons d’y croire face à la nouvelle terreur du circuit, Jérémy Chardy n’aura pas besoin d’aller les chercher très loin. L’été dernier, le Palois a en effet dominé Murray (6-4, 6-4) à Cincinnati. Un succès à relativiser cependant, l’Ecossais était en pleine redescente de son titre olympique. Mais l’impact psychologique est indéniable. « Il peut le faire parce qu’il l’a déjà fait, assure Patrice Dominguez, membre de la Dream Team RMC Sport. C’est un atout irremplaçable. Chardy a un service extraordinaire et un coup droit de puncheur très explosif. Il peut énerver Murray et le pousser dans ses derniers retranchements. »

Parfois raillé pour son manque de goût pour la stratégie, Chardy n’en est pas moins capable de lâcher ses coups sans trop cogiter. Une arme qui peut s’avérer décisive pour bousculer les meilleurs. « Avec lui, on ne pratique pas le même sport, sourit Gilles Simon. Je veux dire par là qu'on ne parle pas souvent tactique... Dans le jargon, on dit qu'il joue tout seul. » Chardy ne dit pas autre chose : « Je me sens bien, je ne dois pas me poser de questions. Ce n’est pas parce que c’est Murray que je dois changer ma façon de jouer. Je dois jouer pour gagner. » Si en plus, la réussite s’en mêle et vient dérégler une machine écossaise pas toujours maitresse de ses nerfs, alors pourquoi pas… Même si comme le rappelle Dominguez : « Murray n’a pas encore perdu depuis le début de la saison. C’est du domaine du super exploit… » 

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Chardy, deux ans après|||

Cette fois, c'est une vraie convocation. Jérémy Chardy a été appelé par Arnaud Clément pour le premier tour de Coupe Davis face à Israël, dans dix jours à Rouen. Dans l'esprit du nouveau capitaine, le Palois n'est absolument pas un remplaçant. Clément tranchera au moment du tirage au sort. Jérémy Chardy savoure cette marque de confiance. En 2011, pour le premier tour en Autriche, il avait été appelé en pompier de service après une avalanche de forfaits (Tsonga, Gasquet). Malgré une période délicate, le Palois s'était sublimé en battant Jürgen Melzer le vendredi puis, surtout, Martin Fischer lors d'un cinquième match décisif sous haute tension. Patrick Mouratoglou avait d'ailleurs eu le vestiaire bleu ouvert pour trouver les mots justes après la perte du premier set...