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Tsonga : « Pour 2011, j’ai payé 230 000€ d’impôts en France »

Jo-Wilfried Tsonga

Jo-Wilfried Tsonga - -

Domicilié en Suisse, Jo Wilfried Tsonga fait régulièrement l’objet de critiques quant au système fiscal dont il bénéficie. En marge de l’Open d’Australie, le Français a tenu à s’expliquer sur ses choix, en toute transparence.

Jo, comment percevez-vous les critiques à l’encontre des tennismen exilés dans des pays où les régimes fiscaux sont plus avantageux qu’en France ?

Les gens n’ont pas forcément tous les éléments pour juger. Et s’ils les avaient, ce serait plus facile pour nous parce qu’ils comprendraient. Ce serait plus facile pour tout le monde.

Justement, quels sont ses éléments ?

C’est d’abord le fait qu’on dise qu’on est exilé fiscal alors que je fais une déclaration de revenus en France. Je donne beaucoup d’argent au fisc français, je paye beaucoup d’impôts en France, bien que j’habite en Suisse. J’ai l’impression d’être positif pour mon pays. Car je voyage à travers le monde et je m’efforce de donner une image positive de la France. Je pense représenter la France à l’étranger d’une bonne manière, parce que je paye quand même des impôts. Donc c’est un peu dur. Je donne beaucoup d’argent au fisc et je cotise pour la sécurité sociale et la retraite, alors que je n’y aurai pas droit. Je coûte tout simplement zéro euro à la France, mais je donne quand même, j’aide. Donc c’est dur d’être critiqué pour des choses qu’on a l’impression de bien faire.

Pour mettre carte sur table, avez-vous un chiffre à donner ?

Pour l’année 2011, j’ai payé approximativement 230 000 euros en France pour une quarantaine de jours passés en France, ce qui comprend les tournois de Roland Garros, Bercy, Metz. Ça fait quelque chose. Mais ce n’est pas un coup de gueule, ni une mise au point. Je n’ai pas besoin d’être jugé ou pas, ma vie continue. C’est simplement pour donner un peu plus de matière aux gens pour qu’ils puissent avoir un jugement plus précis.

Sur quels revenus sont calculés les impôts que vous payez en France ?

Ça correspond à ce que je peux toucher en termes de garanties dans les tournois en France, aux prize-money, et à ce qu’on peut toucher avec la Coupe Davis. Finalement, à tout ce qui est rattaché à la France.

Avec ce que vous percevez, estimez-vous être à l’abri du besoin ?

Depuis qu’on est tout jeune, on est chef d’entreprise, on monte notre propre entreprise. Si demain je me blesse, je n’ai plus rien. Parce qu’on n’est pas joueurs de foot, ni de basket, ou salarié d’un club. On est entrepreneur. Et on n’est pas sûr de la durée de notre carrière donc c’est vrai qu’on essaye de capitaliser au maximum. Puis on paye également des impôts dans tous les pays où on joue. Le problème, c’est qu’on paye à l’étranger et quand on rentre en France, on paye encore. Donc on a vite l’impression qu’il ne nous reste plus grand-chose.

Propos recueillis par Eric Salliot à Melbourne