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Open d'Australie: éliminée, Cornet pense à la fin de sa carrière

Quelques minutes après sa défaite contre une la jeune Américaine de 20 ans Ann Li, Alizé Cornet n’a pas caché que cette saison 2021 pourrait être son dernier tour de piste. Le Covid-10 et précipite les choses. Trop de contraintes et moins de plaisir…

Alizé Cornet, 54e mondiale, n’a pas survécu au deuxième tour de l’Open d’Australie. La Française, 31 ans, a été surprise par Ann Li, 69e mondiale, en deux sets (6-2, 7-6). Cette jeune Américaine est en pleine ascension. La semaine dernière, elle avait atteint la finale d’un tournoi préparatoire réservé aux filles qui avaient observé une quarantaine stricte. Débordés par le calendrier, les organisateurs avaient annulé la finale et partagé le trophée et le chèque.

En pleine confiance, Ann Li a su fermer la porte à la Niçoise, pas franchement surprise par son niveau de jeu. "Il y a un peu de lassitude car j’ai l’impression de beaucoup m’entraîner pour faire finalement peu de matches depuis Roland-Garros, analysait Alizé Cornet. Je suis à la fin de ma carrière et ce qui m’excite, c’est de faire de la compétition. On est tous en manque de rythme et c’est à celui qui le gérera le mieux. Moi, je sais que je ne joue jamais aussi bien quand j’ai beaucoup de matches dans les pattes. Il faut s’adapter et c’est ce que je ne fais pas très bien, j’espère que la roue va tourner…"

Toujours franche, Alizé Cornet ne cache pas que c’était peut-être son dernier Open d’Australie. "Ça fait un moment que je l’ai dans un coin de ma tête, dit-elle. Je voulais aller jusqu’à Tokyo 2020 et faire un point derrière. Les jeux ont été annulés du coup, je suis obligé d’attendre l’été 2021. J’ai quand même seize ans de circuit dans les pattes et dans la tête et ça se ressent. Le Covid-19, ça ne m’a pas fait du bien. C’est plus facile d’avoir 20 ans, d’avoir les crocs et de savoir pourquoi on est là. Si tout va bien, avec l’arrivée du vaccin, on aura des spectateurs dans les tribunes. J’ai envie d’avoir une sortie intelligente et de ne pas trop tirer sur la corde. Parce que j’ai la sensation que ça fait un moment que je tire sur la corde. J’espère que ce sera cool, que ce sera une fête. J’en aurais quand même bien profité…"

En septembre dernier, à Roland-Garros, c’est Pauline Parmentier, une des figures du tennis français, qui avait rangé ses raquettes. Ses adieux s’étaient déroulés devant une poignée de spectateurs…

Ferro continue

Cela s'est mieux passé pour Fiona Ferro, ce mercredi à Melbourne. Après avoir éliminé la Tchèque Katerina Siniakova (62e), la Française a fait tomber la Kazahke Elena Rybakina, 21e mondiale. En ralliant le 3e tour, la numéro 2 française (46e mondiale) réalise sa meilleure performance dans le Grand Chelem australien. Au prochain tour, elle affrontera la gagnante de la rencontre entre Iga Swiatek (17e) et Camila Giorgi (79e).

Il avait été la belle histoire de ce début de tournoi. Mais le rêve australien d'Alexandre Müller, lucky loser des qualifications qui avait intégré le tableau principal au tout dernier moment, n'aura duré que le temps d'un tour. Il faut dire qu'il a hérité d'un adversaire de taille pour son deuxième tour: l'Argentin Diego Schwartzman, demi-finaliste à Roland-Garros, n'aura fait qu'une bouchée du Français, 210e mondial. Il a été éliminé en à peine plus d'une heure et demie 6-2, 6-0, 6-3, deux jours après décroché sa première victoire sur le circuit principal.

Corentin Moutet, 71e mondial, battu en quatre sets mercredi, n'a rien pu faire face à un Milos Raonic (6-7, 6-1, 6-1, 6-4), toujours costaud. Son combat de 3h45 face à John Millman au premier tour aura sans doute laissé des traces. Et face à un Raonic toujours impitoyable au service (26 aces), le jeune Français de 21 ans n'aura pas fait le poids.

Eric Salliot