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Bartoli stoppe en demies

Marion Bartoli n'a pas réussi à se qualifier en finale.

Marion Bartoli n'a pas réussi à se qualifier en finale. - -

La Française n’a rien pu faire face à Francesca Schiavone, son intelligence tactique et ses effets dévastateurs (6-3, 6-3). L’Italienne défendra son titre samedi face à la Chinoise Na Li, victorieuse de Sharapova.

L’espace de six jeux, les six premiers de cette demi-finale, on a cru que Marion Bartoli pourrait être la nouvelle fille dans le vent. Au milieu des bourrasques qui faisaient voler la terre battue du Central, la Française s’accrochait au bastingage. Certes les points étaient compliqués à gagner face à une adversaire encore branchée sur courant alternatif. Mais ça passait, grâce notamment à une très bonne première balle au service. Et c’est Francesca Schiavone qui semblait la plus irritée par les conditions de jeu du moment. « Marion, Marion », poussait le public à chaque changement de côté. On y croyait. « J’ai bien géré la pression qui entourait ce match, confirme la principale intéressée. Je me sentais bien, forte. Les points étaient accrochés. » 

Il en fut ainsi jusqu’à 3-3, 40-15 pour la Française, qui sert face au vent. Rafales, déconcentration, lancers de balle avortés. Double faute. Bartoli se crispe. La rusée transalpine s’engouffre dans cette nano brèche, martyrise la balle de slice et de lift pour dérégler la mécanique de la n°11 mondiale. Elle prend le jeu et le set en 40 minutes, 6-3. Avec la force du désespoir, Bartoli mènera 2-0, avec deux occasions de 3-0 dans le second set. Mais on sent malgré tout que la quête de la brune de Retournac sera inaccessible. Elle n’a pas d’alternative à opposer au tennis si original, si efficace de la tenante du titre. « Le vent a joué un grand rôle, estime Bartoli. En soulevant la terre battue, il a décuplé ses effets. Ses balles étaient très gênantes. »

« Francesca était trop forte »

En construisant brillamment ses points, en forçant sa rivale à jouer des coups infernaux à deux mains très bas, vraiment très bas, l’épuisant au fil des échanges, Schiavone inverse la tendance et l’emporte en une heure et demie à peine. Le rêve de la quatrième demi-finaliste tricolore de l’histoire de l’ère Open (1968) est passé. Trop vite sans doute au goût des 14 000 spectateurs, mais sans regrets vu le scénario. « Francesca était trop forte, admet Bartoli. Elle a su magnifiquement jouer avec les conditions, avec beaucoup d’intelligence. Si j’avais pu défendre mon service à 4-3 dans le premier set, les choses auraient pu être différentes. Mais ce fut un match très dur physiquement. Et la fatigue accumulée pendant le tournoi m’a peut-être coûté des points importants. »

Dominée par l’antithèse absolue des puissantes joueuses des pays de l’Est dont elle affectionne paradoxalement la puissance, Marion Bartoli, qui fêtera ses 27 ans dans quelques jours, quitte néanmoins la Porte d’Auteuil avec le sourire. Grâce à cette première demi-finale en Grand Chelem depuis Wimbledon 2007, elle est assurée de revenir dans le Top 10 la semaine prochaine (9e). Elle sait désormais qu’elle peut aller très loin sur terre battue. Pour peu que le vent tourne en sa faveur…

JFP