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Ferrer, champion anonyme

David Ferrer

David Ferrer - -

Pas vraiment spectaculaire, encore moins charismatique, David Ferrer n’a pas le profil de la star qui soulève les foules. Mais l’Espagnol, anti-héros discret, est l’un des joueurs les plus réguliers de ces dernières années. Surtout, il sera dimanche le seul à pouvoir empêcher Rafael Nadal de remporter son huitième titre à Roland-Garros.

Dans l’ombre du Big Four du tennis mondial, difficile d’exister. Surtout quand on n’est pas du genre « showman » ou qu’on n’enchaîne pas les coups de rêve. Pourtant, David Ferrer va disputer, dimanche sur le court Philippe-Chatrier (154), sa première finale en Grand Chelem. Murray forfait, Federer et Djokovic éliminés, c’est le tombeur de Tsonga qui défiera l’archi-favori du tournoi pour un combat 100% espagnol. Une consécration tardive - il vient de fêter ses 31 ans - qui n’a rien d’étonnante.

D’abord parce que la carrière du natif de Javea emprunte une trajectoire linéaire. A l’exception de deux saisons difficiles (2008 et 2009), Ferrer n’a jamais quitté le Top 7 du classement mondial depuis son entrée en 2007. Sans forcément marquer les esprits, « l’autre » Espagnol s’est tranquillement installé dans le gotha du tennis. En dix ans, il s’est forgé un palmarès intéressant : 20 titres, dont un en Masters Series, l’an dernier à Paris-Bercy. Surtout, il a franchi un cap depuis 2012 sur les tournois du Grand Chelem. Avec deux quarts (Australie, Wimbledon) et trois demi-finales (Roland-Garros, US Open et Australie 2013), Ferrer a prouvé qu’il ne craignait plus ces rendez-vous et qu’il pouvait être dangereux sur n’importe quelle surface.

Un joueur complet et accrocheur

Doté d’un gabarit moyen (1m75, 73kg), le cinquième joueur mondial n’a pas le morphotype traditionnel du joueur de tennis moderne. A l’image de sa personnalité réservée, son jeu, sans éclat ni fioriture, n’emballe pas les foules. Mais pour ses adversaires, Ferrer est du genre « poison » : le joueur malin, qui ne lâche jamais rien, renvoie tout et offre très rarement des points faciles. Des caractéristiques qui lui ont valu un surnom : le « pou ».

Aussi solide en revers qu’en coup droit, il n’a pas de vrai point faible et peut s’illustrer sur toutes les surfaces. Vendredi, Jo-Wilfried Tsonga s’est cassé les dents pendant deux heures sur le mur Ferrer, sans jamais trouver la faille. Dimanche, l’anonyme du Top 5 se mesure à un obstacle d’une toute autre mesure. Pour remporter son premier majeur, il devra sortir le grand jeu contre la plus grosse machine du monde sur terre battue. Un vrai exploit, un match fondateur. C’est finalement la seule chose qui manque à David Ferrer pour gagner, enfin, le cœur du grand public.

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