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Patrice Dominguez et Sarah Pitkowski

Patrice Dominguez et Sarah Pitkowski - -

Retrouvez tous les jours de la quinzaine dans cette rubrique, l'analyse de Patrice Dominguez et de Sarah Pitkowski sur les grands moments de la journée et sur les matches à venir.

Chronique du 8 juin

Patrice Dominguez revient sur la victoire de Nadal sur Federer : « Même si le classement donne Federer n°1 et Nadal n°2, on sait que la donne a changé dans le tennis mondial. Federer n’est plus aussi dominateur, on sait qu’il a du mal à tenir tous ses matches de bout en bout depuis sa mononucléose. On sait que sur le plan de la confiance, il a perdu d’avantage de matches en cinq mois cette année qu’il n’en n’avait perdu pendant toutes les saisons les années précédentes. S’il perdait tôt à Wimbledon et que Nadal allait jusqu’au bout, la place de n°1 changerait. »

Chronique du 5 juin

Patrice Dominguez explique comment Gaël Monfils peut battre le n°1 mondial Roger Federer ? « Il faut qu’il compte sur ses forces et qu’il se concentre sur son propre jeu avant de penser à son adversaire. Il joue en effet un adversaire qui n’a pas de faiblesse. Federer, lorsqu’il joue bien, est capable de battre n’importe qui, n’importe où (peut-être à l’exception de Nadal sur le Central de Roland-Garros). Tout est possible, car rappelez-vous à Melbourne : il y avait les trois meilleurs joueurs du monde en demi-finales et un intrus qui s’appelait Tsonga. Aujourd’hui à Roland-Garros, il y a à nouveau Federer - Nadal - Djokovic et un intrus, un Français encore une fois, Gaël Monfils. »

Sarah Pitkowski revient sur la qualification d’Ana Ivanovic en finale et sur sa nouvelle place de n°1 mondiale. « Si Ana Ivanovic a arraché sa place en finale de Roland-Garros face à sa compatriote Jelena Jankovic, la Serbe a aussi décroché la place de n°1 mondiale sans remporter aucun titre du Grand Chelem. Dans le tennis féminin, c’est du déjà-vu : Amélie Mauresmo, n°1 mondiale le 11 septembre 2004, n’a remporté son premier tournoi du Grand Chelem que deux and plus tard, à l’Open d’Australie. De même Kim Clijsters, qui est devenue n°1 mondiale le 11 août 2003, a quitté le circuit professionnel en ne remportant que l’US Open en 2005. Ana Ivanovic sera-t-elle un nouvel exemple de ce paradoxe féminin ? Réponse samedi. »

Chronique du 4 juin

Patrice Dominguez revient sur la victoire de Monfils sur Ferrer en quart de finale. « Ce joueur là grandit et progresse à chaque fois. Je ne veux pas le comparer à Kuerten, mais quand Kuerten est arrivé il y a quelques années avec son tennis "roseau" (qui plie mais ne casse pas au fond du court), il saisissait les occasions d’attaquer et de venir à la volée. C’est un peu ce qu’on a vu avec Gaël Monfils. Il m’a rappelé à certains moments Kuerten. »

Patrice Dominguez pense qu’ Ivanovic est favorite face à sa compatriote Jankovic en demi-finale. « Parce qu’elle s'est promenée depuis le début du tournoi. Elle a été rayonnante. C’est la joueuse qui a le plus impressionné depuis le début de la compétition. Pour Jankovic, il y a eu des matches plus difficiles, et il y a eu un souci physique qui l’a obligée à faire un aller-retour à Belgrade pour consulter son chiropracteur. Si Ivanovic ne se fait pas rattraper par la peur, c’est elle qui devrait passer car elle a davantage d’armes et d’atouts dans le domaine offensif que Jankovic. »

Chronique du 3 juin

Patrice Dominguez : « Gaël Monfils peut battre Ferrer mais à deux conditions. D’une part, qu’il serve bien et qu’il gagne de temps en temps des points sans trop s’employer physiquement. Deuxièmement, Gaël doit frapper en permanence, il doit donner du rythme. Il ne faut pas qu’il se contente de pousser la balle parce que sinon, il permettra à l’Espagnol, qui est un remarquable contre-attaquant, de venir à l’intérieur du court et de distribuer le jeu avec son coup droit. Ferrer, c’est une vraie mobylette sur le terrain. Monfils, c’est un joueur qui couvre très bien le terrain en souplesse mais loin derrière sa ligne. Ce sera donc une partie de gagne terrain. C’est celui qui s’imposera dans l’avant court qui remportera ce quart de finale. »

Sarah Pitkowski : « Si vous ne pouvez pas aller à Roland-Garros, c’est Roland-Garros qui viendra à vous. Pour la première fois, Roland-Garros va s’exporter au-delà de la porte d’Auteuil puisqu’un court de tennis en terre battue est installé aujourd’hui jusqu’à dimanche sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Tous et toutes pourront s’essayer au tennis et à diverses animations de 8h à 20h. Un écran sera installé pour vivre en direct les matchs et pourquoi pas la victoire de Gaël Monfils dimanche prochain. Inauguration à 9h30 aujourd’hui avec McEnroe, Pioline et Bertrand Delanoë. »

Chronique du 2 juin
Patrice Dominguez : « Gaël Monfils a toujours bien joué à Roland-Garros. C’est ici qu’il a obtenu ses meilleurs résultats sur terre battue. Il a su tirer partie d’une situation particulière. Ljubicic est un grand serveur mais qui s’était beaucoup dépensé pour sortir Davydenko au tour précédent. Il a connu des hauts et des bas, et Gaël Monfils en a bien profité. Le voilà en quarts de finale avec l’espoir d’aller encore plus loin. Il est monté en régime depuis le début du tournoi et il est à bloc physiquement. »

Sarah Pitkowski : « Pour son premier quart de finale de Grand Chelem, le Letton Gulbis ne pourra pas compter sur le soutien de son public. Malgré 83 diffuseurs des Internationaux de France dans 195 pays dont les Iles Fidji et le Vietnam, Gulbis n’aura pas les honneurs de l’une de ces télévisions nationales. »

Chronique du 1er juin
Sarah Pitkowski sur la main mise russe sur le tournoi féminin : «Maria Sharapova, Dinara Safina, Svetlana Kuznetsova, Vera Zvonareva, Elena Dementieva, à l’énoncé de ces noms on pourrait croire au casting d’une agence de top models. Moyenne 1m78, blondes, langue naturelle le russe, langue parlée l’anglais couramment. Ces filles vont se succéder sur les courts de Roland-Garros pour un mini-championnat de Russie. Si quatre d’entre elles se rencontrent, trois tenteront de se faire une petite place au soleil, la Bélarussie Azarenka, la Hongroise Szavay et l’Estonienne Kanepi. Le russe sera de rigueur. »

Patrice Dominguez sur un Gaël Monfils en 8e face à Ljubicic : « Pour Gaël Monfils le challenge est plus jouable que Benneteau. Contre Ljubicic, il doit bien démarrer et il ne doit pas se poser 10 000 questions sur la tactique à tenir. D’abord, il faut être hyper concentré et être prêt à encaisser les aces. Mais aussi être prêt à saisir toutes les occasions qu’il aura et qui se présenteront. Physiquement il est au point et il monte en régime, face à un joueur qui a disputé un match très long et très compliqué face à Davydenko. Il a peut-être obtenu une telle victoire qu’il peut avoir malgré toute son expérience une période de décompression. »

Chronique du 31 mai
Patrice Dominguez sur Chardy qui sort Nalbandian : « Battre un joueur comme David Nalbandian, un jour dans une carrière ça peut arriver. Mais le refaire à Roland-Garros le lendemain après un match en cinq sets, après cette émotion, après cette montée d’adrénaline. Revenir sur le court et battre un joueur du calibre de Tursunov, un joueur très expérimenté qui a disputé des finales de Coupe Davis, cette performance là me fait penser que Jérémy Chardy peut aller très très loin. Son jeu est en place, mais chose plus importante la confiance est là. Lorsqu’on est un attaquant de race comme lui, que l’on compte sur le service volley il faut avoir cette confiance là. Désormais cette confiance peut lui permettre de voir beaucoup plus loin et de battre un Espagnol comme Almagro. »

Chronique du 29 mai
Patrice Dominguez sur l'émergence de Jérémy Chardy : « Jérémy Chardy est invité depuis trois éditions à Roland-Garros. Il a été l’un des meilleurs juniors du monde. Il a gagné Wimbledon en 2005. C’est un joueur très prometteur mais comme tous les joueurs de talent, qui ont en plus un jeu basé sur l’attaque, il leur faut du temps pour murir. Ils ont besoin d’un temps d’adaptation lorsqu’ils arrivent sur le circuit international et c’est la raison pour laquelle il a connu une progression plus lente qu’un joueur qui serait dans un style défensif. »

Sarah Pitkowski sur les éliminations de Nalbandian et Mauresmo : « Deux montagnes se sont effondrées. Sur le Chatrier, c’est Suarez Navarro, modeste 132e mondiale, qui dynamite une Mauresmo en perdition. Au même moment ou presque, sur le court n°2, l’Argentin Nalbandian rendait les armes en cinq sets devant la sensation Chardy. Ne pouvant plus compter sur les montagnes, reportons nos espoirs sur les souris… »

Chronique du 28 mai
Patrice Dominguez sur Alizé Cornet : « Pour Alizée Cornet, qui n’a seulement que 18 ans, l’expérience est nouvelle. Reprendre un match à 3-3 dans le dernier set, c’est une expérience difficile. Pour être à fond dans la reprise de ce match, il va lui falloir s’échauffer longuement car il s’agit de jouer un match qui ne va durer que trois ou quatre jeux. C’est donc un sprint qu’il faut préparer longtemps à l’avance, avec une préparation spécifique à la fois sur le plan physique, tennistique et surtout psychologique. Elle doit oublier qu’elle a été toute proche de la victoire après avoir mené 6-0, 2-0 contre l’Argentine Dulko. »

Sarah Pitkowski sur Emilie Loit : « Emilie Loit s’éclate et on ne va pas s’en plaindre. Un début d’année galère, avec d’avantage de soucis que de points gagnants et une fin de carrière en ligne de mire. Et puis miracle, brutalement libérée d’une pression écrasante, la belle Emilie passe les tours comme on enfile les perles. La joie fait faire de ces trucs… Emilie a laissé entendre « qu’elle aurait pu se mettre à poil » tellement elle était heureuse. Voilà Emilie embarquée dans un 3e tour à Roland-Garros. »

Chronique du 27 mai
Patrice Dominguez sur le premier tour d'Amélie Mauresmo : « J’ai trouvé Amélie Mauresmo assez décontractée malgré la difficulté. Elle a joué son match, elle s’est battue, elle s’est rassurée. A cause de l’interruption, elle a disputé deux parties complètement différentes. Avant et après la pluie. Finalement, ce dont elle avait le plus besoin, c’est de match play et de compétition. »

Sarah Pitkowski sur les chasseurs d'autographes : « Le mercredi, les enfants viennent de toute la France en famille ou par l’intermédiaire de leur club de tennis. Toute l’organisation est sur le pied de guerre pour gérer au mieux les chasseurs d’autographes qui s’agglutinent à la sortie des courts ou des vestiaires. Pour les joueurs, il est conseillé de laisser sa frustration aux vestiaires car qui dit enfant dit mercredi bruyant. »

Chronique du 26 mai
Patrice Dominguez sur le forfait de Richard Gasquet : « Comme pour tous les autres sportifs, le corps a un langage. Et lorsque la tête ne va pas bien et qu’on est au fond du trou psychologiquement, on accumule les pépins. Richard est dans une spirale négative. Depuis le Masters à Shangaï en novembre 2007, il accumule les micros traumatismes qui l’empêchent d’exploiter son talent. Il y a une véritable remise en ordre qui doit se faire. La priorité aujourd’hui est de bien se soigner car la saison sur gazon arrive. »

Sarah Pitkowski sur les défections des joueurs français : « Décidemment, cette année encore, il se pourrait bien que nos espoirs soient comme la terre de Roland-Garros : battus. Entre Tsonga et Gasquet, le genou est à la mode. Tsonga règlera le problème sur la table d’opération. Gasquet se plaint du genou mais se prend surtout la tête. On l’a entendu, lu et vu, le garçon est à bout. Trop de pression, trop de tennis, pas assez de jeu et plus assez de plaisir. »

Chronique du 25 mai
Patrice Dominguez sur le premier tour d’Amélie Mauresmo : « Pour Amélie Mauresmo le retour sur le court central est complètement différent de celui des années précédentes. Finalement, cette année, compte tenu de toutes les galères, de sa chute au classement, des défaites accumulées au début de saison, de ses doutes sur la suite de sa carrière, elle vient libérée. Maintenant le passage de l’ombre de l’escalier du central à la lumière du court central est toujours très problématique. On espère aussi que le public ne viendra pas pour la juger mais pour la soutenir. »

La rédaction