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Razzano crée la sensation

Virginie Razzano

Virginie Razzano - -

En éliminant Serena Williams ce mardi au premier tour de Roland-Garros (4-6, 7-6, 6-3), la Française Virginie Razzano a écrit la plus belle page de sa carrière. Le Central se souviendra longtemps de son exploit.

Au mois de mai 2011, elle honorait l’ultime promesse de son compagnon. Disputer Roland-Garros. Il venait de s’éteindre à seulement 32 ans, elle le pleurait. Un an et quelques jours plus tard, Virginie Razzano a quitté ce mardi soir le Central avec une nouvelle émotion extrêmement forte et les pensées certainement tournées vers le ciel. Pour sa quinzième participation, la Française (111e mondiale) a signé le plus grand exploit de sa carrière en éliminant l’Américaine Serena Williams (5e mondiale) au premier tour en trois manches et plus de trois heures de jeu (4-6, 7-6, 6-3). Son corps, son mental, ses nerfs ont résisté à sept balles de match manquées. La huitième l’a envoyée dans le livre de Roland-Garros.

Car la cadette des sœurs Williams, victorieuse en 2002 à la Porte d’Auteuil, n’avait jamais connu une telle désillusion. A 30 ans, elle est écartée pour la première fois de sa carrière au premier tour d’un tournoi du Grand Chelem. Un affront qui s’est dessiné petit à petit. Dès le début du match, Virginie Razzano (29 ans) s’est emparée du service de l’Américaine, qui a appuyé sur l’accélérateur pour renverser la tendance et remporter la première manche. Mais la Nîmoise a semé une autre fois le trouble dans l’esprit de Serena Williams en s’adjugeant le tie break du deuxième acte. Plus qu’un trouble, c’était même un coup de semonce.

Elle souffre, l’arbitre la pénalise

Dans la foulée, Virginie Razzano déroulait et menait 1, 2, 3, 4 puis 5-0 devant un public éparse mais subjugué ! Avec un avantage aussi large, la Française s’est sûrement dit que son billet pour le deuxième tour était dans la poche. Il ne restait qu’à conclure. Le plus dur. Une douleur à la jambe droite qui se signale pendant les points. Une certaine fébrilité dans les instants décisifs. Serena Williams s’accroche, sa puissance la remettant dans le match en même temps qu’elle prend à contre-pied son adversaire. L’Américaine est presque revenue sur les talons de Virginie Razzano, qui sert une nouvelle fois pour le gain de la rencontre à 5-3.

Comme s’il manquait une actrice à ce formidable spectacle, une voix à cette pièce mémorable, l’arbitre de chaise entre en scène. La Française crie de douleur ? Un point de pénalité, puis deux. Le Central gronde, siffle. Du jamais-vu, disent certains. Les balles de match s’égrènent. A chaque fois, Serena Williams repousse ou souffle de répit. Mais le couperet revient sans cesse. Il finit par tomber, quelques minutes avant que la nuit n’en fasse de même. Virginie Razzano affrontera la Néerlandaise Arantxa Rus au deuxième tour. Une information bien accessoire au regard de la sensation qu’elle vient de créer. Un magnifique cadeau. Pour le tennis féminin français, en perdition. Pour elle. Et pour lui, là-haut.

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Gachassin : « Razzano est merveilleuse »|||

Jean Gachassin, président de la Fédération française de tennis (FFT), était aux anges après l’exploit réalisé par Virginie Razzano face à Serena Williams (4-6, 7-6, 6-3). « Pour le tennis féminin ou nous sommes un peu bas, c’est un match extraordinaire avec la volonté de Razzano devant Serena Williams, a-t-il déclaré. C’est un grand match avec beaucoup de suspense. Les supporters ont été derrière Virginie. Elles a des qualités de battante et de gagnante. Elle est merveilleuse et le tennis français est ravi. »