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Robert, douce sensation

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A 31 ans, l’atypique Français a réalisé l’exploit du jour en dominant en cinq manches (3-6, 3-6, 6-2, 6-2, 9-7) la tête de série n°6, le Tchèque Tomas Berdych. Sans se départir d’une « zen » attitude qu’il érige en mode de vie.

Trente et un ans. Y a-t-il plus bel âge pour gagner son premier match dans le tableau final de Roland-Garros ? Déjà, en temps normal, cette performance incongrue suffirait à éveiller la curiosité. Quand en plus, celle-ci intervient contre le numéro 6 mondial, après avoir perdu les deux premières manches, cela devient carrément le « buzz » de ce début de quinzaine.

Et ça ne perturbe pas plus que ça Stéphane Robert, Francilien barbu de Montargis, rescapé des qualifications et vainqueur formidable d’un Tomas Berdych estomaqué. Le garçon n’avait pourtant jamais battu de Top 10, ni même remporté de match en cinq sets de toute sa carrière… « Bien sûr que c’est ma plus belle victoire, lâche-t-il. Mais le plus important, c’est d’avoir fait plaisir à tous mes amis qui s’étaient déplacés pour voir cette rencontre. J’ai joué mon meilleur tennis devant eux. C’est exceptionnel. »

Pas plus que Robert, les spectateurs du Court n°2 n’oublieront pas de sitôt leur après-midi. Car le droitier revient de loin, de très loin même. Il y a trois ans, il avait dû mettre sa carrière entre parenthèses pour cause d’hépatite A. Dix-huit mois sans jouer. Puis, avec son désormais ex-entraîneur et « mentaliste » Ronan Lafaix (le duo estimait avoir fait le tour de la question), l’incroyable progression. Finale à Johannesburg, sa première sur le grand circuit avec une victoire sur Ferrer à la clef, entrée dans le Top 70 (61e)… De nouvelles portes s’ouvrent à l’heure où la plupart des joueurs commencent à décliner.

Alors Robert ne cesse de remercier « Dame Nature », en lui dédiant ses plus beaux points par des « Crémabisous », rite désormais établi qui consiste à baiser ses doigts, les lever vers le ciel, puis leur faire caresser la bouche et la gorge. Les adversaires s’irritent, le traitent d’allumé ? Robert n’en a cure, seul ou presque sur sa planète. Au prochain tour, ce sera l’Italien Fognini. Moins glamour, certes. Mais aujourd’hui, Robert aime tout le monde. Alors…

JFP à Roland-Garros