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Söderling, le « serial tombeur » qui agace

Robin Söderling

Robin Söderling - -

A 25 ans, Robin Söderling s’apprête à disputer la deuxième finale de Roland-Garros de sa carrière. Le challenge est énorme pour le Suédois, caractériel et peu apprécié du circuit, notamment de son adversaire, l’Espagnol Rafael Nadal.

Dimanche , Robin Söderling aura rendez-vous avec l’histoire. SON histoire. Le géant suédois (1, 93 m, 87 kg) va disputer sa deuxième finale consécutive à Roland-Garros. L’année dernière, c’est le stress qui avait plombé ses chances face à un Roger Federer impitoyable (6-1, 7-6, 6-4). Cette fois, le natif de Tibro semble plus serein, plus posé. « Je suis confiant, je joue bien en ce moment », a laissé entendre Söderling à l’issue de sa victoire, en demi-finale, aux dépens du Tchèque Tomas Berdych.

Serein, le Suédois ne l’a pas toujours été dans sa carrière. Il y a quelques années, le personnage pétait même littéralement les plombs en cours de match. Un coup droit manqué, un jeu mal négocié ? Söderling envoyait tout valser, son jeu et une bonne partie de son potentiel avec. Mais l’homme qui se présentera sur le Central de la Porte d’Auteuil tout à l’heure a changé. «La plus grande progression de ces deux dernières années sur le circuit, c'est son mental », confiait récemment son compatriote et ancienne gloire de la petite balle jaune, Mats Wilander. L’arrivée de « coach » Magnus Norman aux côtés de Söderling il y a un an n’est pas étrangère à cette métamorphose. L’ancien numéro deux mondial n’a pas fait que réveiller le talent endormi de Robin. Il a également joué les psychologues et apaisé le caractère impulsif du joueur. La compagne du Scandinave, la belle Jenni Moström, s’est chargée du reste.

Il agace Nadal à Wimbledon

Pourtant, le Söderling nouveau ne plaît pas à tout le monde. Son jeu, bâti sur un service ultra-rapide (220-230 km/h) et un coup droit puissant, est loin d’être esthétique. Et les joueurs du circuit ne l’apprécient guère, à commencer par son adversaire, Rafael Nadal. « Je n'ai rien à dire de ma relation avec lui, elle est normale », s’est contenté de balancer l’Espagnol sur le sujet. Le Majorquin le nie mais un contentieux existe entre lui et le Suédois.

On pense bien évidemment à cette défaite en huitièmes de finale à Roland-Garros l’année dernière, un affront que « Rafa » souhaite laver. On pense moins à ce troisième tour à Wimbledon, en 2007, au cours duquel Söderling avait provoqué l’Espagnol en imitant ses gestes. Ou à ce huitième de finale à Rome, en 2009, où le Suédois avait fait preuve de mauvaise foi en indiquant une mauvaise marque à l’arbitre sur une balle litigieuse de l’Ibère.

Dimanche, Robin Söderling aura l’opportunité de faire coup double : confirmer sa réputation de « serial tombeur » après ses succès sur Roger Federer cette année et Rafael Nadal l’an passé. Et prouver, sans le moindre geste d’humeur sur le court, que sa réputation de tête de lard est bien de l’histoire ancienne.

A.D.