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Tsonga a conquis son monde

Jo-Wilfried Tsonga et Henri Leconte

Jo-Wilfried Tsonga et Henri Leconte - -

La victoire de Jo-Wilfried Tsonga face à Roger Federer (7-5, 6-3, 6-3), mardi en quart de finale de Roland-Garros, a fait sensation. De Mary Pierce à Henri Leconte, en passant par Nicolas Mahut, le monde du tennis ne tarit pas d’éloges sur l’étourdissante performance du n°1 français.

Mary Pierce (victorieuse de Roland-Garros en 2000)

« Depuis le premier jeu, quand j’ai vu Jo, son visage, son regard, je l’ai senti très bien. Il était dans le match, concentré, calme. J’espère qu’il va rester comme cela. C’est super de voir les émotions, de voir ce qu’il a à l’intérieur de lui. C’était génial. »

Lionel Roux (entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis)

« Ca fait chaud au cœur de voir un joueur français se qualifier pour les demies et battre Federer. Mais on a l’impression que Jo suit son tableau de marche sans se presser, avec un niveau de jeu impressionnant depuis le début de la quinzaine. Il n’y a pas beaucoup de joueurs capables d’infliger trois sets zéro à Federer en Grand Chelem. C’est une belle performance, en plus il y a eu la manière. »

Patrice Hagelauer (DTN du tennis français)

« La détermination de Jo, ça se voit dans son regard, dans sa démarche, dans ses coups. A chaque fois qu’il frappe, il met le maximum de puissance. On a vu dans ce match un exemple de ce que Jo peut donner de mieux. Quand il est comme ça, il enfoncerait une porte blindée. C’est un joueur extrêmement puissant. Il en a fait la démonstration. Il a conquis le public très vite. Il n’y avait qu’un seul joueur, on sentait Federer presque résigné. »

Henri Leconte (finaliste de Roland-Garros en 1988)

« C’était un match extraordinaire, avec beaucoup de panache, d’aplomb, de sérieux. Et puis surtout un Jo qui a été exemplaire. Même en étant mené dans la première manche, il a réussi à s’imposer en étant serein, en étant un guerrier. On y croit, il ne reste plus que deux matches ! »

Eric Winogradsky (ex-coach de Jo-Wilfried Tsonga)

« Je suis ému, mais surtout très content pour lui. Il a fait un match extraordinaire, maitrisé de bout en bout. On avait l’impression que les rôles étaient inversés entre le maitre et l’apprenti. Il a vraiment orienté la préparation de sa saison pour arriver dans la plus grande forme possible à Roland-Garros. » 

Patrice Dominguez (membre de la Dream Team RMC Sport)

« J’ai été impressionné par sa présence physique, par son engagement permanent vers l’avant, mais en même temps son relâchement. On a retrouvé le Jo qui avait pulvérisé Rafael Nadal en demi-finale de l’Open d’Australie en 2008. On ne l’avait pas revu à ce niveau-là dans un Grand Chelem. Il s’est trouvé sur le court comme un poisson dans l’eau. Il a remarquablement joué. Il ne s’est pas affolé au premier set. Il a fait douter Federer sur son coup droit, sur son arme, en venant le chercher en force. Federer est apparu avec ses 31 ans aujourd’hui, un peu plus lent. Il s’est retrouvé un peu perdu. »

Gilbert Ysern (directeur général de la FFT)

« Toute la France est derrière Jo, donc on ne va pas se plaindre de la voir en demi-finale. Il ne faut pas non plus oublier que Jo est là pour essayer de gagner le tournoi, donc ce n’est jamais qu’un quart de finale. Il ne faut pas s’enflammer. Le match le plus important, c’est le prochain. On a envie d’y croire et je pense que le public français a envie d’y croire. On voit des gens qui pensent que c’est la bonne année, 30 ans après (la victoire Noah, ndlr). Cela étant, il reste des adversaires extrêmement difficiles à battre. Je pense qu’aujourd’hui il a la caisse et le niveau pour aller chercher ce titre, mais le plus dur reste à faire. »

Nicolas Mahut (173e mondial)

« Je le sens investi, habité. Je crois que, plus que jamais, il sent que c’est possible. Il est là pour aller au bout. Il est costaud depuis le début. Aujourd’hui, mettre trois sets à Roger en quart de finale, c’est une sacrée performance mais Tsonga le prend comme une étape. Je le vois dans les vestiaires. Il est serein, déterminé. »

Fabrice Santoro (ancien 17e mondial)

« Sur le court central, il y a eu comme de la magie. Jo a été bousculé, est revenu à hauteur avant de dérouler. Federer a fait un match moyen mais le principal responsable est Jo-Wilfried Tsonga. Maintenant on peut y croire, il a battu Federer de la plus belle des manières, il a remporté ses cinq matches sans perdre un set et il joue le meilleur tennis de sa carrière. »

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