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"Lucas Pouille aurait tant aimé disputer les Jeux", confie son coach

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Emmanuel Planque a quitté les gradins du court 17 immédiatement après la balle de match de Lucas Pouille. Pas besoin de voir son poulain interviewé sur le court par une journaliste visiblement impressionnée par le cinquième set ébouriffant face à Roberto Bautista Agut (3-6 7-5 2-6 7-5 6-1). Plus tard, le coach du Nordiste en a dit plus sur ses sentiments profonds. Sans langue de bois

C’est une victoire presque jouissive tant Lucas a survolé le cinquième set contre un adversaire réputé coriace…

C’était un moment sympa dans le sens où Lucas se dépasse et c’est ce qu’on recherche. C’était un match très compliqué. Il y avait un adversaire de grande qualité qui lui demandait d’être efficace. La satisfaction, elle est dans la capacité à répondre au défi mental, psychologique et physique. Je suis très heureux de le voir prendre du plaisir dans le combat.

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Vous avez été bluffé par son cinquième set ?

J’ai le sentiment qu’il a progressé techniquement. J’avais senti ces trois dernières semaines qu’il avait un bon niveau de maîtrise. Je ne l’avais jamais vu dans cette ‘’zone’’. A Wimbledon, c’était moins fluide, moins abouti. Etre fiable dans un contexte émotionnellement complexe, c’est à-dire un fond de fatigue, c’est satisfaisant. Il a bien compris pourquoi il en est là aujourd’hui. L’attitude, c’est la clé de voûte.

« Si d’autres considèrent que c’était un tournoi comme un autre… »

Mercredi, Lucas a lâché sa phrase qui a fait tant de bruit : « Il y en a qui crachent sur le maillot bleu, moi, je le vénère. » Il vous avait concerté, prévenu ?

Non. Ce qu’il s’est passé aux JO, je l’ai vécu douloureusement. Le jeu des petites phrases un peu bidons, où on cherche des excuses, où c’est la faute du DTN, je crois qu’il faut arrêter avec cela. Les responsables, ce sont les joueurs et les entraîneurs. Il faut arrêter, à un moment donné, de raconter n’importe quoi. En soi, ce n’est pas très grave de ne pas avoir ramené de médaille de Rio. L’important, c’est d’être au clair avec sa conscience, d’avoir le sentiment de s’être dépassé. Oui, Lucas aurait tant aimé disputer les JO mais il en a été privé parce qu’il n’a pas répondu aux critères. Il était n°6 après Roland-Garros. On aurait aimé, modestement, y aller, pour s’y dépasser. Maintenant, si d’autres considèrent que c’est un tournoi comme un autre, c’est leur choix. Nous, on était frustrés. Et je pense que Lucas l’a exprimé. C’était aussi pour expliquer sa peur des deux premiers tours. Il a vécu des choses extraordinaires à Trinec et il a terriblement envie d’être de la demie en Croatie.

Rafael Nadal au prochain tour, faut-il s’en faire une montagne ?

Déjà, Lucas l’a joué en 2015 à Monte-Carlo. Il venait juste d’entrer dans le Top 100 (NDLR : juste après, en fait). Tout allait très vite, y compris le match puisqu’il avait pris une volée (NDLR : 6-2 6-1). Rafa, il représente le défi ultime. On s’est entraînés avec lui. On a fait 3h20… Il a continué, nous on est rentrés. Il nous a mis au diapason, on sait à quoi s’attendre. C’est l’exemple type de l’athlète de haut niveau dans toute sa splendeur. On est au clair avec le challenge.

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Recueilli par Eric Salliot