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Serena peut dire merci à son frenchie

Serena Williams

Serena Williams - -

L’été exceptionnel de l’Américaine, victorieuse de son 15e tournoi du Grand Chelem dimanche à New York, doit aussi à Patrick Mouratoglou qui lui a redonné gout à la victoire après le désastre de Roland-Garros.

« Je crois que Paris a été un déclencheur, j’étais tellement minable… » Serena Williams a construit son quinzième succès en Grand Chelem, dimanche à Flushing Meadows contre la n°1 mondiale Victoria Azarenka (6-2, 2-6, 7-5), sur les cendres en terre battue de la porte d’Auteuil. Elimination piteuse au 1er tour face à Virginie Razzano. L’Américaine de 30 ans n’avait jamais connu pareille déroute lors d’un grand rendez-vous. Mais plutôt que de broyer du noir, la plus jeune des sœurs Williams a immédiatement remis le bleu de chauffe. On l’a vu parler à Patrick Mouratoglou dans les travées de la Porte d’Auteuil. Puis très vite échanger des balles sur les courts de l’Académie éponyme de l’ancien coach de Rezai, Pavlyuchenkova et Baghdatís.

Serena, qui adore Paris, a découvert les Yvelines. Une relation qui s’est vite inscrite dans la durée. « On devait travailler quelques jours, puis c’est devenu quelques semaines et aujourd’hui, on est là avec son quinzième titre… », raconte ivre de félicité le Français. « Que c’est bon ! » Mouratoglou parle de « bonne connexion » avec sa prestigieuse protégée. S’il veut bien admettre qu’il peut être pour quelque chose dans la résurrection de la 4e meilleure joueuse mondiale, le coach de Jérémy Chardy et du Bulgare Grigor Dimitrov lui rend d’abord hommage. « J’ai récupéré une machine de guerre. Serena, ce n’est pas qu’elle veut à tout prix gagner, c’est qu’elle ne veut jamais perdre. Il a suffi que je remette le contact pour qu’elle reparte. » « Après ma défaite à Paris, je voulais faire plus et encore plus », confirme-t-elle. « C’est une force de travail exceptionnelle, elle s’entraîne comme si elle avait 18 ans », juge Mouratoglou. Fruit de cette remise en question, elle retrouvé son arme fatale, ce service dévastateur, ô combien dépendant de l’état de confiance.

Reine de Wimbledon quatre fois cet été

Pour la première fois de sa carrière, l’Américaine a accepté de s’entrainer avec quelqu’un d’autre que son père Richard. Une capacité de rebond qui impressionne le Français, à l’image du retour de la championne dans le match dimanche face à son adversaire, n°1 mondiale. Menée 5-4 dans la 3e manche, Serena trouve les ressources pour inverser le cours de la rencontre. « Au moment où elle allait perdre, elle n’a pas accepté de perdre, elle a retrouvé le niveau de son 1er set. Retrouver ce niveau de jeu après l’avoir perdu, je n’ai jamais vu ça. »
Une force de caractère hors du commun qui vient de lui permettre de s’imposer deux fois en simple et en double à Wimbledon, en Grand Chelem puis aux Jeux Olympiques. Avant de bisser en simple à New-York. « Quel enchainement exceptionnel, ce qu’elle a fait cet été est hors norme !, applaudit Mouratoglou. On participe à l’écriture de l’histoire du tennis. »