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US Open : Murray prince de New York !

Andy Murray

Andy Murray - -

Andy Murray a converti sa cinquième finale de Grand Chelem en triomphe ce lundi. Vainqueur de l’US Open après un long duel (4h54) avec Novak Djokovic (7-6, 7-5, 2-6, 3-6, 6-2), l’Ecossais passe à 25 ans dans la cour des grands.

Devra-t-il être appelé un jour « Sir » Andy Murray ? Chevalier du royaume britannique, fier représentant de l’Ecosse, comme ses supporters de prestige, Sean Connery et Alex Ferguson. Soixante-seize ans après Fred Perry, le dernier « British » à avoir régné sur les courts, un sujet de sa Majesté ajoute enfin son nom au palmarès d’un tournoi du Grand Chelem. L’histoire du tennis retiendra que c’est tout au bout d’un combat dantesque de 4h54 face à Novak Djokovic (7-6, 7-5, 2-6, 3-6, 6-2), à New York, loin de sa petite ville de Dunblane, qu’Andy Murray aura changé de dimension. Sa cinquième finale de Grand Chelem, la deuxième à l’US Open après 2008, a été la bonne. Et de quelle manière !

Sa victoire dans la nuit new-yorkaise, sous les yeux de sa mère Judy et donc aussi de « James Bond » ainsi que du mythique entraîneur de Manchester United, en fait un héros de Grande-Bretagne, un mois après son titre olympique à Wimbledon. Le déclic qu’il attendait. Coaché depuis le début de l’année par Ivan Lendl, vainqueur de huit tournois du Grand Chelem, Andy Murray s’était rapproché du Graal dès le début de l’été, sur le gazon du All England Club. Mais Roger Federer l’avait privé d’un triomphe « à domicile », à Wimbledon. Il a pris sa revanche en finale des JO. Et le Suisse n’a pas été un obstacle à New York pour l’Ecossais.

Il n’a pas eu à vaincre le du numéro 1 mondial en demi-finales, mais son bourreau, le Tchèque Tomas Berdych (5-7, 6-2, 6-1, 7-6). Restait « Nole », l’homme qui l’avait giflé en finale de l’Open d’Australie la saison dernière (6-4, 6-2, 6-3). Et le vent… Sur le ciment du court Arthur-Ashe, les balles flottent, les t-shirts se gonflent et Sir Sean Connery doit tenir son chapeau. Mais ces conditions semblent davantage gêner Novak Djokovic dans le premier set. Le numéro 2 mondial se fait breaker (4-2), puis revient (4-4). C’est 12 points à 10 au tie break, sur sa sixième balle de premier set et au bout d’1h27, qu’Andy Murray passe en tête (7-6).

Djokovic revient, puis s’effondre physiquement

« Djoko » accuse le coup, se retrouve mené 4-0 dans la deuxième manche. Il râle, regarde son clan, ses parents, sa fiancée et son mentor, Marian Vajda. Il remet de l’ordre et recolle (5-5). Le mental d’Andy Murray est testé. Une première fois. C’est le coup droit du Serbe qui craque, trop long. Et l’Ecossais embraye (7-5) après 2h26. Deux sets à zéro. Jamais, lors de ses quatre tentatives précédentes, il n’avait eu un tel avantage. Mais il le perd ! Une heure et demie plus tard, Novak Djokovic, grâce à une foi en lui-même inébranlable, remet les compteurs à égalité. Le stade Arthur-Ashe se dit alors qu’il va assister au troisième épisode de la série « l’increvable Djoko ».

Il y a un an, Novak Djokovic éteignait Rafael Nadal en 4h10 à l’US Open. Il y a huit mois, il mettait 5h53 à lui faire entendre raison à l’Open d’Australie. Mais le Serbe bascule dans le cinquième set avec de premiers signes de fatigue. En face, Andy Murray lâche ses coups (3-0). Plusieurs échanges sont splendides, les deux hommes puisent dans leurs ressources. « Nole » souffre, s’accroupit, tente de détendre ses jambes. Un revers claque encore. Mais à 5-2 contre lui, il fait appel au kiné, ne goûte que modérément les petits sifflets du public et le fait comprendre. Andy Murray transforme sa deuxième balle de match. En Ecosse et en Grande-Bretagne, un nouveau prince va être fêté !

LP