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Bartoli a grandi

Bien que battue par Lisicki en quarts, Bartoli quitte Wimbledon avec le plein de confiance

Bien que battue par Lisicki en quarts, Bartoli quitte Wimbledon avec le plein de confiance - -

Face à Sabine Lisicki, le physique de la Française a lâché (6-4, 6-7, 6-1). Même si elle quitte Wimbledon au stade des quarts de finale, Marion Bartoli a confirmé sa demi-finale à Roland-Garros et peut rêver de nouveaux succès lors de la tournée américaine. En attendant, elle va faire une pause.

« A un moment donné, mon corps s’est arrêté, ma tête me disait d’avancer, mais je n’y arrivais plus… » C’est une Marion Bartoli vidée qui s’est présentée en conférence de presse après son élimination en quarts de finale de Wimbledon, battue en trois manches par l’Allemande Sabine Lisicki (6-4, 6-7, 6-1). « J’ai payé toute l’énergie mise depuis un mois. » Son combat homérique la veille contre la double tenante du titre Serena Williams est passée par là. Tout comme ses deux bras de fer contre Dominguez Lino et Penneta aux tours précédents. Auteur d’un mauvais départ, elle a couru pour refaire son handicap. Son sauvetage de trois balles de matches à la fin de la deuxième manche n’aura été qu’une embellie de courte durée. Elle paya au prix fort cet ultime exploit. Le service dévastateur de l’Allemande, 62e mondiale, wild-card, après avoir gagné Birmingham, aura fait le reste (9 aces contre 1). « Aujourd’hui, elle a pêché physiquement, juge Patrice Dominguez, l’ancien DTN du tennis français. Il y avait un peu moins de vitesse. Elle a eu seulement une journée de récupération au milieu de quatre matchs très difficiles. »
Malgré la déception, Marion Bartoli n’a pas abandonné ce fighting spirit, qui a fait chavirer le cœur des Anglais, également conquis par l’excellent anglais de la joueuse. « Je pense que si je n’avais pas eu ce coup d’arrêt, le 3e set était pour moi. » Même la défaite lui parait belle. « Avant, j’aurais craqué plus tôt. » Dans le rétroviseur, la n°9 mondiale se regarde gonflée à bloc. « Si j’en suis arrivée là, c’est que j’ai eu beaucoup de résultats, il faut rester positive. » Finaliste à Strasbourg, demi-finaliste à Roland-Garros, vainqueur à Eastbourne, quart de finaliste à Wimbledon… « Tous ses résultats vont faire beaucoup pour sa confiance, confirme Dominguez. Et aux yeux du public, elle a gagné en crédibilité. » Un capital-confiance qui lui a même fait commettre l’impensable il y a quelque semaines encore : sortir ses parents, dont son père-entraîneur, des tribunes lors de son match compliqué contre Penneta. « C’était une fois, justifie-t-elle avec le sourire, c’était ma manière de sortir ma rage. On va m’en parler longtemps de celle-là ! »

Tournée US et Masters en ligne de mire

La Française va avoir quelques jours pour refaire le film de sa semaine londonienne. Au programme : « Pas de réveil, pas faire grand-chose de la journée, parce que là je suis à la limite. » Ensuite un programme allégé : Toronto, Cincinatti et la dernière levée du Grand Chelem, trois rendez-vous capitaux pour le Masters à Istanbul en octobre. « Je veux y être, mais je ne dois pas m’en faire une objectif, sinon je risque de déjouer. » Et ce serait dommage. « Le circuit américain sur dur est une surface qui lui correspond bien, conclut Dominguez. Espérons qu’elle jouera également très bien à l’US Open où elle aura une très bonne place de tête de série parce qu’elle va monter au classement. » A entendre l’intéressée, on ne voit pas ce qui pourrait la détourner. « Je crois assez en moi pour penser que j’aurai d’autres occasions. Si je continue à évoluer à ce niveau là j’aurai la possibilité de gagner un Grand Chelem. »