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Bartoli : « C’est indécent d’être si heureuse »

Marion Bartoli

Marion Bartoli - -

Quelques minutes après son sacre à Wimbledon ce samedi, la Française Marion Bartoli était encore sur son nuage et « ivre de joie ». Et le moins qu’on puisse dire, c’est que son bonheur est communicatif.

Marion Bartoli, vous êtes reine de Wimbledon. Que ressentez-vous ?

Franchement, c’est juste incroyable ! Une journée aussi parfaite, vivre ce genre d’émotion… Honnêtement, j’ai du mal à réaliser. Je ne pensais même pas être capable de faire de tels coups. Les réaliser ce jour-là, en finale de Wimbledon, c’est incroyable. Ce sont des moments magiques. C’est indescriptible.

Que s’est-il passé dans votre tête quand vous vous êtes retrouvée à genoux ?

Ah j’étais à genoux ? Je ne m’en souviens même plus. Après, je sais que je cours, que j’hésite à monter sur la box des commentateurs qui étaient dessous. Je suis assez peureuse quand je ne connais pas. Je ne savais pas si ça allait tenir (rires). Finalement, j’y suis allée et je suis tombée dans les bras des gens qui étaient au premier rang. Il y avait mon père. Je le prends dans mes bras, c’est indescriptible. J’ai rêvé de ces moments-là. Je ne pensais vraiment pas gagner cette année. Je suis vainqueur de Wimbledon à vie. C’est juste magique.

Votre père était au bord des larmes…

Après tous les moments passés ensemble, il sait très que c’était mon rêve depuis toute petite de gagner Wimbledon. Voir sa fille gagner est pour lui un moment de pur bonheur. Et le trophée était lourd (elle éclate de rire). A la fin, j’avais mal à l’épaule à force de le soulever ! L’avoir dans les mains, c’est exceptionnel.

Vous gagnez lors de votre 47e Grand Chelem. Jamais une joueuse n’avait autant attendu aussi longtemps avant de gagner. Y a-t-il une justice ?

Ça montre encore que je suis unique (rires) ! C’est ma façon à moi d’être particulière. Mais honnêtement, 47, 49 ou 52, je m’en fous un peu. L’important, c’est que j’en ai un ! Je me dis qu’à vie, j’ai gagné Wimbledon. Je n’ai pas de mot pour décrire ça. C’est un sentiment de bonheur à l’état pur.

Allez-vous remporter d’autres titres ?

Je n’ai pas de boule de cristal pour le dire. Aujourd’hui, je sais que je peux le faire. C’est déjà pas mal. Je vais d’abord me reposer parce que j’ai des ampoules importantes sous les pieds. Je n’ai pas appelé le kiné durant le match. Si je vous montrais l’état de mon pied… Il fallait un peu de courage. Je vais prendre un peu de temps pour me reposer, récupérer et décompresser. Après, je penserai à l’US Open. Là, j’en suis très loin. Et quoi qu’il arrive, même si je m’arrêtais demain, j’aurais atteint l’objectif de ma carrière.

Votre tournoi a été parfait. On avait le sentiment que rien ne pouvait vous arriver….

J’ai senti que j’aurais du mal à passer à côté d’un match. J’avais l’impression de pouvoir produire du jeu à chaque fois. Cette sensation vous donne vraiment confiance.

Et puis, il y a tout votre clan qui a été derrière vous…

On a partagé des moments magiques qui resteront entre nous pour toujours. Les partager avec mes copines de Fed Cup est exceptionnel. Je pense que je vais finir avec une crampe de sourire…

N’est-ce pas aussi la victoire d’une vraie femme ?

Je ne sais pas. On verra ça demain (dimanche) quand je mettrai ma belle robe avec mes beaux talons ! A 28 ans, je ne suis plus une petite fille. C’est la victoire de quelqu’un d’épanoui, qui respire la bonne humeur, la joie de vivre, la gaîté. C’est presque indécent d’être si heureuse. C’est un état de béatitude. Je rigole, je m’amuse et je gagne Wimbledon. Je suis ivre de bonheur. C’est encore mieux que d’aller dans le magasin Louboutin et d’acheter toutes les paires de chaussures !

Votre vie va changer…

Je ne m’en rends pas compte (rires). Mais c’est peut-être aussi ce qui fait ma force. Je ne me prends pas la tête. Je suis juste normale. Je suis vraiment l’antistar. Je veux continuer à être exactement la même. Je veux continuer à appeler pour réserver mon court d’entraînement. C’est important de rester les pieds sur terre.

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