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Hagelauer : « Marion n’a pas fini de nous surprendre »

Marion Bartoli.

Marion Bartoli. - -

Ancien Directeur technique national et entraîneur de Yannick Noah, Patrice Hagelauer se réjouit de la qualification de Marion Bartoli pour la finale de Wimbledon. Mais surtout de la manière dont elle bouscule ses adversaires depuis le début de la quinzaine londonienne.

Patrice, c’est exceptionnel de se qualifier avec une telle aisance pour la finale de Wimbledon…

J’ai envie de dire que le bonheur continue. Du premier tour à la finale, elle n’a pas eu de soucis. Elle a su imposer son de jeu à chaque fois. Elle a joué avec cette manière de bousculer l’adversaire. Elle est assez étonnante dans sa manière de jouer. Elle met les adversaires en panique, à l’image de sa manière de retourner. Ca crispe toutes ses adversaires. C’est vraiment un grand bonheur de la voir là. Et quel plaisir ça doit être pour elle. Et pour son entourage, notamment Amélie Mauresmo et Alexandra Fusai qui, certainement, lui apportent de la sérénité.

Surtout Amélie, qui a déjà remporté Wimbledon…

Je pense que c’est très important pour elle de se retrouver dans une ambiance aux côtés de joueuses qui ont de l’expérience. Espérons que ça l’aide pour la finale. Amélie sait ce que sait que de gagner, mais lui apporte par ailleurs confiance et sérénité. Je pense que ça va faire le plus grand bien à Marion.

Vous étiez l’entraîneur de Yannick Noah en 1983 quand il s’est imposé à Roland-Garros. Remporter un titre du Grand Chelem, ça bouleverse une carrière ?

Ca peut changer une carrière, et même une vie ! On voit les choses un peu différemment après. S’installe aussi une confiance énorme qui est en vous. Si Marion parvient à remporter ce dernier match, je pense qu’on devrait découvrir une autre Marion. Elle n’a pas fini de nous surprendre.

Depuis quelque temps, on a l’impression de découvrir une autre Marion ?

J’ai également cette impression, même s’il ne faut rien retirer de l’apport de son papa, Walter, qui l’a amenée à jouer de cette manière et qui contribué à 99,99 % à faire d’elle ce qu’elle aujourd’hui. Mais à un moment, c’était important pour elle de se libérer de tout ça et de voir les choses différemment. Chez les gars, on voit ça aussi. C’est arrivé à Tsonga et Federer. C’est important de responsabiliser et de faire ses propres choix.

Quel bien fou pour le tennis féminin français !

Ce qui est intéressant, c’est de constater que derrière Marion, il y en a trois autres qui ont progressé. Je pense à Alizé Cornet, Kristina Mladenovic et la « petite » Caroline Garcia. Il y a là des jeunes filles qui peuvent nous donner beaucoup de plaisir, notamment en Fed Cup.