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Le tennis français a vibré pour Bartoli

Marion Wimbledon

Marion Wimbledon - -

Coach tel Thomas Drouet, observateur comme Sarah Pitkowski, ou proche, à l’instar d’Alexandra Fusai, toutes les composantes du tennis français ont salué la qualification, ce jeudi, de Marion Bartoli en finale de Wimbledon.

Thomas Drouet : « Marion est habitée »

« Ça y est. On en a rêvé. On l’a fait. On est en finale de Wimbledon, savoure le sparring-partner et entraîneur de Marion Bartoli. C’est un sentiment incroyable, surtout après un match aussi parfait que celui qu’elle a sorti. Elle était dans une période ascendante. Son niveau de jeu augmentait à chaque match. On savait qu’elle allait encore mieux jouer aujourd’hui… Mais de là à faire un match aussi parfait en demi-finale de Wimbledon, ça prouve encore les qualités de Marion. C’est incroyable, malgré la pression, il y a tout eu dans son match. On lui avait donné 2-3 conseils tactiques. On savait que Flipkens allait la gêner un peu avec son revers slicé. On se disait avec Amélie : c’est incroyable de sortir ce match-là. La force mentale qu’a Marion ! ». On était vraiment ravi du niveau de jeu qu’elle a produit. Elle a une volonté incroyable. Elle ne ressent pas la pression. Elle est habitée. On va aller la chercher cette victoire, elle va aller la chercher. Je repense à ce qu’avait dit Yannick Noah après avoir remporté Roland-Garros : « ce n’est pas parce qu’on est français qu’on perd en finale ». Marion peut aller chercher ce titre. Elle va se servir de son expérience et de ses armes actuelles. Walter ? Je l’ai régulièrement. On s’envoie des messages tous les 2-3 jours. Je lui explique clairement ce qui se passe. Est-ce qu’il sera là ? Je l’espère. Si Marion est contente d’avoir son papa près d’elle pour cette finale, je serai ravi. »

Alexandra Fusai : « Pourquoi ne pas aller au bout »

« C’est énorme. On a des frissons, confie la responsable du haut niveau féminin français. Une finale du Grand Chelem, on n’en vit pas tous les jours. La dernière pour un Français, c’était Jo, je crois. C’est de grandes émotions. Après, on se dit ‘pourquoi ne pas aller jusqu’au bout’. Une finale, ça se gagne. Elle va y aller, avec le même enthousiasme, la même envie, la même combativité. J’espère que ça va lui sourire et qu’elle ira au bout de ses rêves. Marion monte en puissance dans ce tournoi. Au début, elle était hésitante, il y avait moins de précision dans ses frappes. Puis elle est devenue de plus en plus précise, puissante. Elle est rentrée en patronne. Elle avait déjà l’expérience d’une demi-finale en Grand Chelem. Elle savait qu’elle devait lui mettre une pression constante pour empêcher Flipkens d’imposer son jeu. On sent de la sérénité en elle, une envie au-dessus de tout. Elle a Amélie à côté d’elle, qui a déjà gagné et qui va pouvoir lui transmettre tout ce qu’elle a vécu. »

Sarah Pitkowski : « La meilleure chance de toute sa vie »

« C’est une énorme surprise pour les observateurs, souligne la membre de la Dream Team RMC Sport et ex 29e mondial. Marion a traversé le tableau et se retrouve en finale avec, peut-être la meilleure chance de toute sa vie de remporter un tournoi du Grand Chelem. On a eu un Wimbledon complètement décimé aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Toutes les têtes de série sont tombées en première semaine. Pour preuve, Marion n’a jamais affronté une fille classée au-dessus d’elle. Il fallait les battre. Elle l’a fait. Elle a tenu son rang. Et puis, on avait quitté une Marion du côté de Roland-Garros pas du tout affûtée, en recherche de sensations… Là, elle revit sur gazon, sur une surface qui lui convient, où il faut raccourcir les échanges et lorsqu’on joue à plat, on est extrêmement gênant. Elle n’a jamais surjoué. On l’a sentie dans la maitrise. Mais même elle, elle aurait signé si on lui avait dit il y a quinze jours qu’elle serait en finale. C’est une opportunité incroyable. Elle était déjà là il y a six ans. Elle sera opposée à une fille qui n’a jamais remporté de titre du Grand Chelem comme elle. Il y aura cette tension des deux côtés qu’il faudra gérer. Elles seront quasiment à égalité. Là, ce sera à Marion de montrer qu’elle a quelque chose en plus dans le ventre. »

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