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Monfils, la victoire du cœur

Gaël Monfils.

Gaël Monfils. - -

Très touché par la situation de son ancien kiné et grand ami Philippe Manicom, plongé dans un coma artificiel, Gaël Monfils a su trouver au fond de ses tripes les ressources pour écarter l’Allemand Bachinger en trois sets au premier tour de Wimbledon (6-4, 7-6, 6-3).

Il a fait le signe de croix. Puis a pointé son doigt et son regard vers le ciel, balbutiant quelques paroles pour accompagner le geste. Gaël Monfils vient de battre l’Allemand Matthias Bachinger en trois sets et de se qualifier pour le deuxième tour de Wimbledon. Mais ses pensées et son cœur sont ailleurs. Avec son ami et ancien kiné, Philippe Manicom, plongé dans un coma artificiel à l’hôpital. « J’étais la dernière personne à lui avoir parlé il y a quelques jours donc c’est dur, c’est quelque chose qui marque, explique Gaël, la voix pleine d’émotion. C’était quelqu’un de très proche de moi, même en dehors du terrain, qui m’a toujours beaucoup aidé et donné beaucoup de motivation. Aujourd’hui, j’ai fait le travail mais c’est sûr qu’au niveau de la concentration, c’est un peu plus dur. »

Homme au grand cœur, Monfils voit souvent son niveau de jeu fluctuer en fonctions de ses sentiments personnels. Dur, dur, donc, de faire le métier sur le gazon de Wimbledon quand un ami se trouve entre la vie et la mort de l’autre côté de la Manche. Mais Gaël a décidé de se battre pour Philippe au lieu de tout lâcher. « Je n’ai pas pensé à ne pas jouer, indique Monfils. Déjà, il ne l’aurait pas souhaité et puis c’est une force en plus. Philippe fait un peu partie de ma famille et toute ma famille est derrière lui, on prie beaucoup. On pense à un miracle et, je vais dire n’importe quoi, mais jouer apportera peut-être ce miracle. En étant très malade, il regardait tous mes matches, il était toujours présent, il m’appelait après chaque rencontre. Ce serait un beau clin d’œil si j’arrive à faire de bonnes choses ici. Je ne joue jamais vraiment pour quelqu’un mais vu ce qui se passe, j’aurai peut-être une force en plus. »

« Prendre du plaisir sur Terre »

Une blessure au cœur difficile à vivre mais dont Monfils veut tirer le positif. Comme une piqûre de maturité. « J’ai eu une super discussion avec lui, il m’a fait réaliser des trucs, glisse celui qui affrontera le Slovène Grega Zemlja au deuxième tour. Quand une personne dans cette situation vous parle, on relativise beaucoup de choses et maintenant, je me pose moins de questions dans ma vie personnelle comme dans ma vie professionnelle. J’essaye de faire les choses du mieux que je peux tout en pensant à prendre du plaisir sur Terre. » Et à pratiquer son jeu sans se prendre la tête, comme trop souvent dans le passé. « Je joue un tennis correct, juge le Français. Face à Bachinger, j’ai eu un peu plus de mal sur ce plan mais si j’arrive à bien me concentrer, je peux faire de bonnes choses à Wimbledon. » En hommage à son ami Philippe.

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