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Wimbledon : C’était Super Marion !

Marion Bartoli en finale de Wimbledon

Marion Bartoli en finale de Wimbledon - -

Marion Bartoli n’a pas cédé à la pression de l’événement ce jeudi, en demi-finale de Wimbledon, face à la Belge Kirsten Flipkens. La Française s’est imposée avec autorité, aisance et panache (6-1, 6-2) et s’offre, six ans après, une nouvelle chance de remporter son premier tournoi du Grand Chelem. Ce sera face à l'Allemande Sabine Lisicki.

L’étiquette de favorite aurait pu peser lourd. Très lourd. Et le piège d’affronter une adversaire moins bien classée qu’elle aurait pu être lui fatal. Très fatal. Aurait pu, seulement, car la native du Puy-en-Velay a survolé les débats. « Elle n’a pas craqué mentalement, salue Patrice Dominguez, membre de la Dream Team RMC Sport. Elle était favorite du fait qu’elle avait disputé une finale (Wimbledon 2007), qu’elle avait plus d’expérience et qu’elle avait battu la meilleure joueuse du monde à l’époque (Justine Henin, ndlr) en demi-finale. Aujourd’hui, ça l’a servie. » Genoux à terre, bras vers le ciel puis, quelques minutes plus tard, les mains sur le visage, les yeux en larmes, Marion a laissé éclater sa joie, après son écrasante victoire sur la Belge Kirsten Flipkens (6-1, 6-2). « Je n’arrive pas à le croire… » Le public du Central Court, non plus, qui se pinçait un peu les yeux avec elle à l’issue du match.

Car entre le moment où Marion Bartoli a fait son entrée sur le court et l’instant où elle l’a quitté, une heure et… deux minutes se sont seulement écoulées. La protégée de Thomas Drouet a disputé une demi-finale en mode express, en mode « super », sans jamais baisser de rythme, sans jamais se mettre en difficulté. « Elle a réussi un départ canon, appuie Patrice Dominguez. Puis, elle a réussi à ne pas se projeter trop vite vers la finale, à construire son jeu. » Grâce aussi aux errements de Kirsten Flipkens et aux nombreuses fautes, aussi, de la Belge dans le premier set (6-1), très vite expédié (27 minutes). Mais aussi au pépin physique enduré par sa rivale, obligée de demander l’intervention du médecin et du kiné dans la 2e manche, alors que Bartoli avait déjà pris la poudre d’escampette (3-0). « Kirsten Flipkens avait un problème physique, un problème au genou (droit, ndlr), qui l’a empêchée de jouer, relève Dominguez. Mais le grand mérite de Marion, c’est de ne lui avoir laissé aucune chance, aucun espoir de revenir dans la partie. »

Bartoli : « Presque un match parfait »

Cette sensation d’invincibilité, Marion Bartoli l’a ressentie elle aussi durant le match. Et c’est ce que la numéro un française, qui aura bouclé sans sourciller la seconde manche (35 minutes), a retenu après sa sortie du court. « J’ai tellement bien joué. Aujourd’hui, je voyais la balle comme une balle de foot. Je frappais très proprement. Ses slices ne me gênaient pas. J’ai réussi tous mes passings, tous mes lobs. J’ai fait presque un match parfait. » Le tout sous les yeux de son clan. Thomas Drouet donc, sparring-partner et nouvel entraîneur. Amélie Mauresmo, la capitaine de l’équipe de France de Fed Cup, jamais loin de Marion. Mais aussi du DTN, Patrice Hagelauer qui, lui aussi, a apprécié le spectacle. « Le bonheur continue. Depuis le premier tour jusqu’à la finale, elle n’a pas eu de soucis. Elle a su imposer son jeu à chaque fois. Le fait d’avoir Amélie à ses côtés, qui est non seulement une joueuse qui a gagné mais qui quand elle parle, amène de la tranquillité, de la sérénité, va lui faire du bien. »

Et maintenant ? Six ans après sa finale perdue face à Venus Williams, revoilà Marion de nouveau en lice pour un titre du Grand Chelem. Le premier de sa carrière. Il sera à disputer ce samedi à l’Allemande Sabine Lisicki, victorieuse en trois sets de la Polonaise Agnieszka Radwanska. Bien que déficitaire au bilan comptable (3 défaites pour une victoire contre sa future rivale samedi), l’Auvergnate de 28 ans peut commencer à rêver. « Gagner Wimbledon, ça peut changer une carrière, ça peut même changer une vie, affirme Patrice Hagelauer. Si elle a la chance de gagner cette finale, on découvrira une autre Marion. Elle n’a pas fini de nous surprendre. » On ne demande que ça.

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A.D avec E.S, à Wimbledon