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Wimbledon: ces abandons suspects qui deviennent la plaie du tennis

Alex Dolgopolov a abandonné face à Roger Federer

Alex Dolgopolov a abandonné face à Roger Federer - AFP

Les deux matchs avortés sur le court Central de Wimbledon ce mardi mettent en lumière une petite magouille du circuit. Laquelle aurait pu être évitée avec du bon sens.

La frustration des spectateurs qui se sont "saignés" pour se procurer un ticket sur le Centre Court de Wimbledon ce mardi aurait pu être évitée si les responsables de la Fédération internationale – qui régit les Grands Chelems – faisaient preuve d’un peu plus de bon sens.

En effet, la célèbre enceinte de Wimbledon a vu coup sur coup deux rencontres stoppées au bout d’une quarantaine de minutes. Le Slovaque Martin Klizan puis l‘Ukrainien Alex Dolgopolov ont jeté l’éponge très vite, respectivement face à Novak Djokovic puis Roger Federer. Mollet et cheville, officiellement.

Le Suisse, sentant les clameurs de déception, une fois revenu au vestiaire, a déniché Novak Djokovic pour lui suggérer un entraînement commun, qui aurait ravi la foule. La chose ne s’est pas faite, les organisateurs lançant en compensation un simple féminin.

Soyons clairs : ces abandons suspects sont la plaie des premiers tours en Grand Chelem. On ne peut évidemment pas affirmer que les joueurs qui ont renoncé étaient diminués avant d’entrer sur le court mais on le subodore fortement. D’autant que les fautifs – rajoutons à la liste Janko Tipsarevic, qui a abandonné à 0-5 – sont des habitués. Et c’est ce qui est grave.

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Simon : "J’encourage les Grands Chelems à nous suivre"

Rassurez-vous, les trois "malheureux" sont passés par la case caisse pour toucher leurs 35 000 Livres Sterlings. Ils avaient mérité cette récompense puisqu’ils ont travaillé, sué, pour être dans les 100 premiers (la limite du classement pour participer à un tournoi majeur, ndlr).

Depuis le début de l’année, l’ATP a trouvé un remède à ces situations désagréables pour tout le monde. En cas de blessure, un joueur, s’il est sur place, peut se retirer d’un tournoi et touchera quand même son prize money. L’innovation, c’est qu’il sera remplacé par un repêché. Lequel ne touchera de prime supplémentaire que s’il gagne le match qui tombe du ciel.

Gilles Simon, membre du Conseil des joueurs à l’ATP, prône une uniformisation. "Je me suis longtemps battu pour avoir cette règle, dit-il. Tout le monde est content dans le vestiaire de l’avoir. On espère que les Grands Chelems vont suivre. C’est une règle de bon sens. Beaucoup de joueurs en ont bénéficié cette saison. Je les encourage à nous suivre."

Plutôt que de vouloir imposer une réforme de la coupe Davis et de la Fed Cup qui fait l’unanimité contre elle dans le vestiaire – une lettre de protestation émanant des joueurs est partie – la Fédération internationale devrait se soucier des problèmes du quotidien. Faire un petit ménage en quelque sorte. Ils leur semblent peut-être mineurs mais aux yeux des fans, il y avait sûrement de l’aigreur.

Car admirer Federer et Djokovic "full time" plutôt qu’à mi-temps, ce n’est pas tout à fait la même chose.

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Eric Salliot