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Wimbledon: Monfils, Simon, Mannarino... les chances du trio français passées au crible avant les 8es de finale

Le gazon atténue les crises. Alors que le tennis masculin avait été incapable de placer des joueurs en deuxième semaine à l’Open d’Australie et à Roland-Garros, la France est le pays le plus représenté à Wimbledon, avant les huitièmes de finale, qui se dérouleront lundi. Zoom sur les chances de Monfils, Simon et Mannarino, nos trois rescapés lors du "crazy monday".

Gaël Monfils-Kevin Anderson

Notre estimation: 37% de chances pour Gaël Monfils

La statistique est trompeuse: Gaël Monfils mène 5-0 face à Kevin Anderson. Mais le Parisien a dominé le géant sud-africain à deux reprises sur terre battue et, surtout, il n’a plus croisé sa route depuis longtemps (Shanghai 2016, ndlr). Depuis sa finale à l’US Open en 2017, Kevin Anderson, 32 ans, a pris de l’assurance. Il n’a jamais atteint les quarts ici mais ses bourreaux se nomment Andy Murray, Novak Djokovic ou Sam Querrey. Rien d’infamant. Pour son premier huitième au All England Club, Gaël Monfils, 44e mondial, aurait pu hériter d’une meilleure pioche. Mais il a changé sa relation sentimentale avec le gazon. Son nouveau coach mental l’a persuadé qu’il adorait l’herbe. Et son succès vendredi face à Sam Querrey en a étonné plus d’un. "Je me suis remis sérieusement au boulot, je suis retourné à la salle, avoue-t-il. Avant, j’avais un peu lâché." A 31 ans, "Lamonfe" est-il capable de surprendre? Il serait seulement le deuxième Français à atteindre les quarts de finale des quatre Grands Chelems. Le quatre-quarts, cette belle gourmandise…

Juan Martin Del Potro-Gilles Simon 

Notre estimation: 25% de chances pour Simon

Après une saison 2017 pas loin d’être horrible, Gilles Simon confirme son renouveau. Certes, sa faculté à briller sur le gazon londonien n’est pas nouvelle: il y a remporté 21 matches. A 33 ans, il n’est pas usé mentalement. Sa première semaine ne lui a pas demandé énormément d’énergie, avec un seul set lâché en route. C’est juste l’identité de son adversaire lundi qui pose problème. Si le Français mène 4-3 face à Juan Martin Del Potro (tête de série n°5), les trois défaites qu’il a subies l’ont été sur… herbe. Une fois à Wimbledon (2011), une autre aux Jeux olympiques e Londres (2012) et la dernière à Stuttgart en 2016. "Perso, j’aurais préféré le jouer ailleurs qu’ici, ne cache pas Gilles Simon. Je le connais bien, il n’y pas énormément d’inconnues. Simplement, il a un gros niveau de jeu. Il est capable de faire des matches de dingue. Il a gagné un Grand Chelem très tôt. Après, il a eu ses problèmes mais il a remporté son premier Masters 1000 en mars à Indian Wells. C’est un de ceux, quand il joue les Roger ou les Rafa, où on entend: 'Ah, lui…il peut peut-être faire quelque chose.'" "Prof" Simon vient de poser le problème à résoudre. Pour atteindre son deuxième quart de finale au All England Club, le Français devra sortir le grand jeu.

Roger Federer- Adrian Mannarino

Notre estimation: 1% de chances pour Adrian Mannarino

On ne voit pas comment le Français pourrait empêcher Roger Federer d’atteindre les quarts de finale à Wimbledon pour la 16e fois de sa carrière. Le Suisse est sur une série de 67 jeux de services remportés consécutivement depuis un "couac" en demi-finale l’an passé face à Tomas Berdych. Sans connaître ces statistiques affolantes, Adrian Mannarino avait conscience de l’immensité de sa tâche. "Je me souviens de notre match sur le court 1 en 2011, si tu ne joues pas, ça peut aller très, très vite (NDLR : 6-2, 6-3, 6-2), se souvient le Français. J’avais l’impression de sortir du court en étant frais, de ne pas avoir vraiment profité du moment. Maintenant, je pense que j’ai fait des progrès depuis ce temps-là. Ce sera un match complètement différent, j’espère avoir des armes en plus." Déjà huitième de finaliste au All England Club l’an passé, Adrian Mannarino, 26e mondial, est dur à bouger sur gazon. Ces trajectoires tendues font merveille. En octobre dernier, à Bâle, il avait menacé Federer, menant d’un break au troisième set. Mais le Suisse avait appuyé sur l’accélérateur. Dans toute sa carrière, le gaucher val-d’oisien n’a épinglé qu’un seul Top 5. Ce serait un séisme s’il sortait le tenant du titre."Je suis dépendant de lui. S’il est dans un bon jour, il est intouchable", avoue-t-il.

Eric Salliot