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Des filles en quête de lumière

Caroline Wozniacki

Caroline Wozniacki - -

Après sa défaite face à Kim Clijsters ce mardi à l’Open d’Australie, Caroline Wozniacki va perdre sa place de n°1 mondiale. Un rang qu’elle occupait depuis quinze mois dans un relatif anonymat. A l’image d’un tennis féminin, en mal de reconnaissance depuis quelques années.

La nouvelle était attendue. Elle est désormais officielle. Après quinze mois passés sur le trône de n°1 mondiale, Caroline Wozniacki a perdu sa couronne ce mardi à l’Open d’Australie. La Danoise de 21 ans s’est fait balayer par Kim Clijsters en quarts de finale. Une défaite (6-3, 7-6) qui marque la fin d’un des règnes les plus contestés de l’histoire de la WTA. « Wozniacki a dominé uniquement lorsque les meilleures n’étaient pas là, rappelle Patrice Dominguez. Elle a été n°1 par intérim. N’ayant pas remporté de Grand Chelem, il est normal qu’elle n’ait pas pu assoir son emprise sur le circuit. » Avec une seule finale de Grand Chelem au compteur, perdue en 2009 à l’US Open, la joueuse d’Odense n’a jamais brillé dans les grands rendez-vous. De quoi fragiliser son leadership. Et tout le circuit féminin avec.

« Le classement, tel qu’il est aujourd’hui, récompense la joueuse la plus régulière sur la saison, mais pas nécessairement celle qui joue le mieux lors des gros tournois, remarque Sarah Pitkowski. Du coup, on a une joueuse qui passe plus de 67 semaines au sommet de la hiérarchie sans gagner un Grand Chelem ou un Masters. Ce n’est pas évident pour la crédibilité du tennis féminin. » Depuis 2008, pas moins de huit joueuses (Henin, Sharapova, Ivanovic, Jankovic, S. Williams, Safina, Clijsters et Wozniacki) ont occupé la place de n°1. Un turn-over beaucoup trop important à l’heure où seuls Federer, Nadal et Djokovic font la loi chez les hommes. « Quand il n’y a pas de leader désigné, il y a un affaiblissement, assure Dominguez. C’est valable dans tous les sports. Lorsque les cartes tournent en permanence, ce n’est jamais très bon parce que public n’identifie pas son leader. »

Dominguez : « Kvitova a le potentiel pour dominer »

Encore moins lorsque les Grand Chelem célèbrent une nouvelle gagnante à chaque édition. En 2011, Clijsters a remporté l’Open d’Australie, Li Na Roland-Garros, Kvitova Wimbledon et Stosur l’US Open ! Une valse du pouvoir qui n’arrange pas les affaires d’un sport en mal d’égéries. « Il y a quelques années, on avait des vraies stars comme les sœurs Williams, Clijsters ou Henin, note Pitkowski. Cette densité donnait un intérêt. Là, il y a beaucoup moins de joueuses charismatiques. Dans ces conditions, c’est dur d’être attractif. » Avec la chute de Wozniacki, la donne pourrait changer.

Pour succéder à la Danoise, elles sont trois dans les starting-blocks : Petra Kvitova, Victoria Azarenka et Maria Sharapova. La Tchèque de 21 ans, n°2 mondial, semble être la plus encline à reprendre le flambeau. « Kvitova, c’est l’avenir, lâche Dominguez. Elle a un talent extraordinaire. Elle développe un tennis très complet. Je pense qu’elle a le potentiel pour dominer. » Assez pour redorer le blason du tennis féminin ? « Pour ce qui est du côté paillettes, ça serait mieux que Sharapova redevienne n°1, estime Pitkowski. Ça remettrait un petit coup de projecteur sur le circuit ! » Un éclairage qui commence à devenir urgent pour un sport à la recherche de sa lumière d’antan.

Alexandre Jaquin