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Vendée Globe: pourquoi c’est si dur le Pot-au-Noir ?

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Les skippers du Vendée Globe ont entamé ce lundi la traversée du redouté Pot-au-Noir. Une zone intertropicale très instable où la météo varie d’un instant à l’autre, avec des températures et un taux d’humidité particulièrement élevés. Jacques Caraes, le directeur de course, nous aide à y voir plus clair sur ce passage mythique et imprévisible.

« Il n’y a pas vraiment de règle ». Ça a le mérite d’être clair. Et ça résume bien la difficulté du Pot-au-Noir. Comme le souligne Jacques Caraes, le directeur de course du Vendée Globe, il n’y a pas de recette magique pour aborder ce passage tant redouté par les marins. Situé au nord de l’équateur, cette zone intertropicale est réputée pour son instabilité. C’est là que se rencontrent les alizés de l’Hémisphère Nord et ceux de l’Hémisphère Sud. Un affrontement de vents contraires qui crée une météo très variable, où le calme peut à tout moment laisser place à la tempête. Et vice versa. Le tout avec un fort taux d’humidité et des températures particulièrement élevées.

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« C’est une zone de transition où les systèmes météo s’inversent, ce qui la rend très difficile, résume Jacques Caraes. Elle est souvent sous des grains très nuageux, un ciel très bas. Ça peut forcément donner beaucoup de contraintes aux coureurs. Le vent peut passer d’une dizaine de nœuds à trente-cinq nœuds d’un coup, en quelques minutes. Donc il faut être très à l’affût et pouvoir réduire sa toile rapidement. Il faut être plutôt sur la réserve. En même temps, il faut essayer de percer cette zone. C’est pour ça que les concurrents se décalent en général beaucoup plus à l’ouest, où le Pot-au-Noir est plus étroit, pour éviter de passer au centre. »

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« Il faut être un peu opportuniste »

Une manœuvre périlleuse que les leaders du Vendée Globe ont entamé ce lundi après-midi. En peloton serré. Une densité assez exceptionnelle qui n’inquiète pas vraiment les organisateurs de cette édition 2016. « C’est vrai que la tête de course est très regroupée, mais c’est un passage obligatoire, observe Jacques Caraes. Il faut quand même être vigilant sur leur trajectoire, surtout sous les grains. Chaque concurrent essaye, grâce à des images satellitaires, de trouver des petits trous qui permettent de passer dans ce phénomène météo. Il faut être un peu opportuniste. Mais il y a aussi une part de hasard... »