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Vendée Globe: pourquoi le cap Horn est-il si mythique ?

En ce début d'année 2021, les skippers du Vendée Globe encore en course vont pouvoir entamer leur remontée vers les Sables-d'Olonne. Mais avant cela, ils devront contourner le cap Horn, passage mythique de la course, considéré par l'ensemble des skippers comme "l'Everest des mers".

En cette fin de semaine, les skippers du Vendée Globe avancent inexorablement, Yannick Bestaven en tête, en direction du cap Horn. Le dernier des trois caps doit permettre aux concurrents encore en course de virer une dernière fois avant de viser l'objectif final, l'arrivée aux Sables-d'Olonne. Mais ce passage décisif n'est pas de tout repos, car le cap Horn est peut-être l'endroit le plus dangereux du globe pour les marins.

"Le cap Horn, c'est un cimetière à bateaux. Je crois qu'il y a plus de 10.000 âmes qui y reposent", expliquait ainsi le navigateur franco-italien Alessandro Di Benedetto, après avoir passé cet endroit mythique lors de l'édition 2012-2013 du Vendée Globe. Alors qu'ils devraient l'atteindre ce week-end pour les leaders de la course, les skippers encore en lice devront se méfier du cap Horn, autour duquel les conditions météorologiques peuvent parfois être dantesques.

Des vents violents, des vagues très hautes

Situé à l'extrémité australe du continent sud-américain, le cap Horn est un point du globe où se mêlent vents violents, grandes vagues et dépressions de haute intensité. Un cocktail explosif que redoutent forcément les skippers du Vendée Globe, pour qui ce passage est un endroit iconique. "C'est un cap mythique, et dur aussi, parce qu'on arrive après un tour du monde. Le skipper est fatigué, le bateau aussi. C'est ça qui fait le danger du cap Horn, en plus de la remontée des eaux, le vent, qui est statistiquement l'un des plus violents de la planète, les vagues très hautes", décrivait en 2013 Alessandro Di Benedetto.

"Je suis pressé de passer ce fameux cap Horn qu’on attend tous avec impatience", a indiqué ce vendredi Thomas Ruyant, qui n'avait pas atteint ce stade de la course lors de sa première participation au Vendée Globe en 2016-2017. "Il ne faut pas traîner dans le coin", a déclaré de son côté Jean Le Cam, qui va entamer son septième passage du cap Horn. Le Français avait vécu une mésaventure en 2009, lorsque son bateau avait chaviré à l'approche du sous-continent américain. Si Le Cam avait pu être sauvé, le navigateur canadien Gerry Roufs avait lui perdu la vie en 1997 lors du passage du cap Horn. Un drame qui avait entraîné l'évolution des règles de sécurité afin d'éviter de nouveaux accidents.

Surnommé le "cap dur"

Mais pour les skippers, le cap Horn apparaît également comme une délivrance. Surnommé le "cap dur", en comparaison des deux autres caps - de Bonne-Espérance (Afrique du Sud) et de Leeuwen (Australie) -, le passer signifie s'engager dans la dernière ligne droite en direction des Sables-d'Olonne. Et représente un soulagement car les skippers quittent les mers du sud. Lors de cette édition 2020-2021, Yannick Bestaven devrait l'atteindre aux alentours du 55e jour. Loin du record d'Armel Le Cléac'h, qui l'avait atteint en seulement 47 jours lors de l'édition 2016-2017.

"Le cap Horn est pour nous un endroit mythique. C'est aussi un peu particulier car c'est à partir de là qu'on se dit qu'on vire pour rentrer à la maison", indiquait en 2012 Jean Le Cam. Lorsque le cap Horn est passé, "le plus dur est fait", avouait en 2013 Dominique Wavre, "même si c'est un peu une fausse impression, car le bateau est fatigué, et il faut l'amener jusqu'au bout".

À partir du cap Horn, une longue remontée en direction des Sables-d'Olonne démarre pour les skippers. D'où l'intérêt de creuser l'écart au passage du sous-continent américain. Ce que réalise actuellement Yannick Bestaven, qui parvient actuellement à maintenir sa première place devant Charlie Dalin. "Tant mieux si je peux me faire un petit matelas d'avance avant de remonter l'Atlantique plus peinard", avouait Bestaven il y a quelques heures. Des propos recueillis avant son arrivée au niveau du cap Horn. Pour le Rochelais, comme pour tous les autres skippers, l'objectif est désormais de passer sain et sauf ce passage si mythique de l'histoire du Vendée Globe.

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DM