RMC Sport

TQO volley: les Bleus version forçats face aux aberrations du calendrier

-

- - ICON Sport

L'équipe de France de volley entame dimanche un nouveau Tournoi de qualification olympique à Berlin, pour espérer s'envoler pour Tokyo l'été prochain. Une semaine au coeur d'un calendrier surchargé, pour des joueurs éreintés.

Un tournoi de qualification à Berlin pour aller aux Jeux olympiques en plein milieu de la saison? Une absurdité dont seul le volley international a le secret. L’équipe de France doit à nouveau réaliser le parcours du combattant pour rêver de Tokyo en 2020, avec ce Tournoi de qualification olympique (TQO) qui débute ce dimanche pour les Bleus en Allemagne, contre la Serbie.

"Ils sont exténués. Ils ont enchaîné 20 ou 30 matchs pour certains après le championnat d’Europe en septembre. On sent qu’ils sont au bout du rouleau!"
Pas franchement rassuré et lui aussi un peu fatigué, Laurent Tillie n’a pas besoin de trop en rajouter pour décrire l’état de fatigue de ses troupes.

Les visages étaient marqués à Roissy vendredi matin, au moment de s’envoler pour Berlin. Entre les malades, les blessés et absents pour raisons personnelles, l’équipe de France doit s’adapter aux contraintes d’un calendrier infernal.

Depuis l’été 2018, les Bleus ont dû enchaîner la Volley Nation League aux quatre coins du monde, le championnat du monde en septembre 2018 en Italie et Bulgarie, un nouveau tour de la planète avec la VNL à l’été 2019... puis le marathon continue avec un premier tournoi de qualification olympique en août dernier en Pologne, l’Euro 2019 en France en septembre et enfin, sur une semaine à Berlin, un dernier tournoi pour décrocher le fameux sésame olympique pour Tokyo 2020. 

Un ras le bol chez les joueurs

Il faut aussi ajouter, pour les sélectionnés de l’équipe de France, la saison en club avec les championnats nationaux et les coupes d’Europe entre septembre et avril de chaque année. Une overdose qui commence, à la longue, à écœurer staff et joueurs.

"On joue tous à l’étranger et au milieu de la saison, cela amène peu de jours de préparation pour ce tournoi. Avec les absents et les joueurs blessés, c’est compliqué. Mais on va faire avec. Il y a des joueurs qui sont là et on va tout faire pour aller chercher cette qualification avec eux", note positivement Benjamin Toniutti, le passeur et capitaine, malgré le contexte maussade qui entoure les Bleus.

Sans l’Italie, la Pologne et la Russie déjà qualifiées, la France va disputer, en moins d’une semaine, un mini Euro: cinq matchs six jours, voilà le programme déraisonnable qui attend les Bleus pour décrocher leur billet pour le Japon.

Pour ne rien arranger, ils doivent souvent compenser leur manque de puissance physique par une énergie constante, qui demande beaucoup d’efforts. "Quand tu es fatigué, tu fais tout moins bien et notre jeu se détériore un peu. C’est l’usure morale qui nous fatigue", souligne Arnaud Josserand, entraîneur adjoint de Tillie. 

Quelles solutions?

Pour préparer l’échéance berlinoise, les Bleus n’ont disposé que d’une seule semaine de préparation avec, en priorité, de la récupération. "On a essayé de redonner de l’énergie aux joueurs de faire des entraînements courts pour leur apporter de l’oxygène", insiste Laurent Tillie.

Quand s’arrêtera cette cadence folle de matchs? "Il y a une commission qui a été créée avec la Fédération internationale de volley et notamment Giba, l’ancien meilleur joueur du monde. Elle est censée travaillée dessus. Certains joueurs aurait besoin d’un été entier pour recharger les batteries. Sinon c’est infernal", avance Arnaud Josserand. Mais la FIVB fait toujours la sourde oreille face aux revendications des joueurs, préférant multiplier les tournois et ainsi augmenter ses gains. 

"On joue quatre ans de saison sur ces cinq jours!"

Heureusement pour les Français, le réservoir de joueurs augmente de plus en plus. "Cet été, on a réussi à faire un grand turnover et on a quand même réussi à se qualifier pour le Final Six. Notre réservoir est plus grand que les précédentes années", rajoute Josserand.

Reste une nouvelle fois aux joueurs à se démener pour aller chercher une qualification qu’ils attendent depuis 2016. "A Berlin, les équipes jouent leur dernière chance. On sent vraiment une pression pour ce tournoi. On joue quatre ans de saison sur ces cinq jours!", constate Benjamin Toniutti. Les Jeux sont à ce prix pour les volleyeurs français condamnés aux travaux forcés pour entrevoir leur Graal japonais.

N.Baillou à Berlin