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Volley: "C'est fou", jubile Antoine Brizard, élu meilleur joueur du monde

Champion olympique de volley avec l’équipe de France l’été dernier à Tokyo, Antoine Brizard a été élu meilleur joueur du monde 2021 par la Fédération Internationale de Volleyball (FIVB). Dans le top 10 de ce classement, quatre Bleus sont aussi représentés avec Earvin Ngapeth (3e), Jean Patry (4e), Jenia Grebennikov (5e) et Bart Chenenyeze (10e). Le passeur français de Piacenza, en Super-Lega italienne, a confié sa gratitude et ses espoirs à RMC Sport.

Antoine Brizard, quelle est votre réaction à cette élection de meilleur joueur du monde ?

C’est fou, tout simplement. Au-delà de mon cas, c’est surtout une belle reconnaissance de la médaille d’or olympique de l’équipe de France avec cinq Bleus dans le Top 10 du classement. En tant que passeur, je suis plutôt habitué à l’ombre mais là me voici en pleine lumière. Ça me touche beaucoup et ça fait plaisir, je ne vais pas le cacher, même si je me demande toujours si je suis bien légitime. Cela aurait pu aussi bien être notre capitaine chez les Bleus, Benjamin Toniutti, qui a gagné la Ligue des champions avec Koźle avant de devenir champion olympique.

Vous avez pris une part capitale dans le titre de champion olympique des Bleus...

Oui mais c’est le résultat d’un effort collectif. Cette médaille d’or olympique, je commence de plus en plus à l’assumer. Chaque semaine en Italie, je joue contre des volleyeurs incroyables qui ne sont pas champions olympiques alors que moi, je le suis. Certains joueurs ont changé leur regard sur nous, les Français.

Qui vous a inspiré dans votre carrière ?

Ce sont surtout des matches qui m’ont donné envie et inspiré car je les ai regardés des dizaines de fois. J’ai beaucoup regardé la finale des JO de Pékin en 2008 pour la victoire des Etats-Unis contre le Brésil (3-1), la finale des Jeux de Londres, les phases finales des Jeux 2016. J’ai vu et revu tous les matches de poules de l’équipe de France aux JO de Rio en 2016, des matches à haute tension qui font beaucoup apprendre. En regardant, on apprend énormément.

Avec Benjamin Toniutti, le capitaine et passeur des Bleus, la concurrence est-elle rude ?

Tout dépend ce que l’on met dans le terme concurrence. Ce n’est pas une guerre fratricide mais elle nous aide à devenir meilleur, elle nous aiguillonne et nous stimule. Il n’y a jamais rien eu de négatif. On se pousse à être meilleur notamment en période de stage, pour gagner, et durant la compétition on s’aide et on reste bienveillant l’un envers l’autre. C’est une saine concurrence et je pense que cela s’est vu aux Jeux de Tokyo.

Dans une interview à RMC Sport, le sélectionneur de l’équipe de France, Bernardinho, a donné pour objectif d’atteindre la finale à chaque compétition. C’est ambitieux ?

Non. Je pense qu’il a menti…. Il veut gagner chaque compétition ! (rires) On va dans une compétition pour aller le plus loin possible et nous, Français, avons cette lumière qui scintille avec un titre à défendre à Paris en 2024. On connaît la densité du volley mondial et la difficulté de toutes les compétitions pour se dire qu’on y va pour gagner. On ne peut jamais rien prévoir dans ce sport. Avant le titre olympique, on avait une boulimie de victoires. La pression n’a jamais été un problème.

Vous jouez en Italie, à Piacenza, mais vous êtes co-actionnaire du Paris Volley avec d’autres joueurs. Comment êtes-vous arrivé dans ce projet ?

J’ai commencé ma carrière professionnelle à Paris, j’ai rencontré ma femme dans la capitale et j’y ai mes meilleurs amis. Donc c’est une ville très importante pour moi. Une personne capitale dans ma carrière, Stéphane Antiga, est un des principaux investisseurs du club parisien. On en a parlé et j’ai rejoint le groupe d’actionnaires en septembre dernier. C’était naturel.

En 2015, vous avez quitté le Paris Volley pour jouer et gagner du temps de jeu à Toulouse. Aujourd’hui, est-ce que vous diriez que c’était une chance pour vous ?

Je suis arrivé en 2012, à 18 ans au Paris Volley. Pendant trois ans, j’ai beaucoup appris aux côtés de Guillermo Hernan notamment. Le club parisien jouait la Ligue des Champions et se devait d’avoir encore des ambitions. Le staff n’a pas pris le risque de donner les clés du camion à un jeune passeur. Je comprenais et j’ai compris ces choix mais j’avais, bien sûr, besoin de jouer. De faire confiance à un jeune passeur était un risque qui avait du sens si le Paris Volley n’avait pas ces ambitions-là. Mais je ne leur en veux pas, la suite a été belle.

Propos recueillis par Morgan Besa