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Volley: Montpellier, Tours, Chaumont… les favoris d'un championnat de France qui s'annonce serré

La succession de l’AS Cannes, champion de France 2021, s’ouvre à partir de jeudi avec une affiche Toulouse-Cambrai. Si la Ligue A Masculine (LAM) promet une saison régulière serrée, avant des playoffs au printemps, toujours attractifs, quelques favoris à la course au titre se dégagent.

Elles sont quatorze équipes de LAM, le championnat de France de volley, toutes tendues vers un seul objectif : la qualification pour les playoffs. Et d’évidence, il y aura des déçues car seules les huit premières formations de la saison régulière pourront concourir pour la 83e édition du Graal du volley français. Si l’AS Cannes est le tenant du titre, la formation azuréenne ne fait pas partie des favoris annoncés à sa succession après le départ de son coach Luc Marquet. Et cela tombe bien : l’an dernier, personne n’avait misé un maillot d'Earvin Ngapeth sur la victoire des Dragons. C’est un quatuor qui se dégage dans la course au titre pour la majorité des entraîneurs et joueurs interrogés : Montpellier, Tours, Chaumont et Tourcoing, dans un premier chapeau.

"Nos individualités ont un potentiel élevé mais notre préparation a été raccourcie par la fin tardive des championnats continentaux", tempère le coach montpelliérain Olivier Lecat. Mais derrière cette affirmation fade, le bouillant technicien ne cache pas son ambition pour le club héraultais qui attend son 8e sacre depuis 46 ans. Champion avec Poitiers en 2011, Lecat a ramené le MHSC Volleyball sur le podium de la saison régulière. La saison dernière, Montpellier a même survolé les 26 journées avant de déposer les armes en demi-finale face à Chaumont après la blessure de son attaquant argentin Nicolas Mendez, aujourd’hui à Paris.

"Chaque année, on progresse se réjouit Lecat. On apprend de ses échecs et on affirme nos ambitions parmi les meilleurs de LAM. On a un effectif plus expérimenté et plus dense. La cruelle défaite de l’an dernier n’est pas encore digérée et sera une source de motivation. On sait comment gagner mais Tours sera là aussi, avec d’autres." Le Tours Volley-Ball (TVB) est l’épouvantail annuel du championnat de France. Pour retrouver les sommets, le TVB a recruté le champion olympique Kevin Tillie (avant la victoire à Tokyo) dans sa quête vers un 9e titre, deux ans après le dernier.

"On sent vraiment une habitude des playoffs au TVB, reconnaît Patrick Duflos coach de l’Arago de Sète et artisan du dernier doublé coupe-championnat sur le banc tourangeau en 2019. La saison démarre presque avec les playoffs à Tours où l’on s’étalonne durant la saison régulière. La concentration et la préparation des joueurs s’affinent ensuite lors du TOP 8 pour tendre vers un seul but : le titre." Demi-finaliste la saison dernière, Tourcoing (TLM) a l’ambition des clubs structurés autour d’un coach expérimenté, Mauricio Paes. "Notre ambition est de se qualifier chaque année pour une coupe d’Europe, projette le technicien brésilien du haut de ses 8 titres en France (4 avec Paris et 4 avec Tours). Cette saison, on veut offrir un jeu séduisant et efficace au public de Léo-Lagrange. Dans la dernière ligne droite, il faudra être rodé, être bon au bon moment, être résilient, en surmontant des parties mal engagées, et avoir l’envie d’aller au bout tous ensemble." Finaliste malheureux, Chaumont (CVB 52) est déjà le premier gagnant de la saison. L’équipe du madré technicien italien Silvano Prandi a baptisé de la plus belle des manières sa nouvelle salle, le Palestra, en battant le champion cannois, encore en rodage, en Super Coupe.

Reste alors les dernières places de playoffs. Coaché par Dorian Rougeyron, le Paris Volley veut retrouver le goût des matches couperets, goût perdu depuis trois ans à cause notamment d’une rétrogradation administrative en Ligue B. "Dixième l’an dernier, j’ai voulu constituer une équipe avec plus de caractères, plus de stabilités techniques et émotionnelles, précise le coach parisien champion en 2016. En misant sur un collectif composé de joueurs d’expérience (Mendez, médaillé de bronze aux JO de Tokyo avec l’Argentine et le passeur Hernan) et de jeunes (Lawani, Paes, Diez) on espère mieux débuter qu’en 2020 pour enclencher une dynamique et emmagasiner de la confiance pour les playoffs." L’Arago de Sète souhaite aussi accrocher le Top 8 "avec un groupe solidaire, un collectif mû par un fort esprit d’équipe tendu vers le même objectif des playoffs", affirme coach Duflos.

Reste alors à gagner ce titre tant espéré de Tourcoing à Narbonne et de Poitiers à Nice. Luc Marquet, tenant du titre avec Cannes mais sans club cette année, donne sa recette depuis sa retraite sétoise active : "On a travaillé sur nous, on a conservé ou abandonné des systèmes durant toute la saison régulière avec mon groupe cannois. Ensuite, on s’est remobilisé pour les playoffs en ayant toujours à l’esprit de ne pas subir l’échange mais de provoquer et de prendre des risques. A la différence d’un sélectionneur bien connu, je dirais qu’il faut jouer, jouer, jouer et encore jouer une finale pour la gagner.  Il faut allier humilité, car ils sont 14 en quête d’un titre, et ambition de gagner." Quatorze équipes en quête d’une étoile mais une seule sera sacrée.

Morgan Besa