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Volley: renversant, Cannes s'offre un 10e sacre et devient le club le plus titré de France

Le choc a tenu toutes ses promesses. Après s’être offert une super-finale samedi, Cannes est devenu, à l’issue d’un match au suspense insoutenable contre Chaumont, l’équipe la plus titrée de l’Hexagone avec un 10e sacre de champion de France. Lincoln Williams a offert à son entraîneur Luc Marquet un jubilé enchanté.

Il ne pouvait pas espérer meilleur jubilé! Luc Marquet, l’entraîneur cannois de 51 ans, avait annoncé à son groupe qu’il quitterait le club à la fin de saison. L’ex-international français (325 sélections), vice-champion d’Europe 2003, souhaitait souffler et rejoindre sa famille à Sète après une saison éreintante. Il quitte le club en seigneur, auréolé de l’historique dixième titre de champion de France de l’AS Cannes, faisant du club azuréen le plus titrée de l’Hexagone.

Et pourtant, peu de personnes croyaient encore à la victoire cannoise après un début de match largement maîtrisé par Chaumont, malgré une ambiance dont on avait oublié la saveur. Quelques heures seulement après le match retour, le public du Palais des Sports (une cinquantaine de personnes entre dirigeants et bénévoles) avait lui récupéré sa voix, fortement mise à contribution samedi, sans pour autant s’être remis de ses émotions.  

Un premier set propriété de Chaumont

Mieux entrés dans le match, les visiteurs prenaient d’abord l’ascendant (13-10), revanchards après avoir été privés de titre la veille. Cannes restait toutefois dans le coup grâce à deux smashs de Lincoln Williams et un bloc d’Oleksiy Klyamar (15-15), avant que l’assistance vidéo ne soit utilisée pour offrir, justement, une balle de set aux Chaumontais. Si la première fut sauvée, Osniel Mergarejo, impressionnant samedi (30 points), faisait finalement plier la défense azuréenne par un smash ravageur (23-25).

Il en fallait bien plus pour refroidir le public du Palais des Victoires - suivi par les remplaçants en coin de terrain - déjà habitué à voir le premier set empoché par Chaumont (ce fut déjà le cas mercredi lors du match aller et samedi pour le retour).

La maîtrise du CVB avant le réveil de Cannes

Mais quand Cannes avait réussi à réagir dans le deuxième set, lors des deux matchs précédents, les hommes de Luc Marquet semblaient cette fois à court de solutions (11-15). L’écart ne cessait de s’accroître (14-20) et Chaumont, présent pour la quatrième fois de rang en finale de Ligue A, faisait parler son expérience tout en profitant de quelques maladresses azuréennes (15-25). En menant deux sets à zéro, les Haut-Marnais prenaient le large. D’un geste de doigts sur les tempes, le président Bruno Soirfeck appelait les siens à rester fort mentalement, tandis que de l’autre côté de la salle, l’entraineur cannois tentait de remobiliser ses gaillards blessés.

A l’orgueil, Cannes s’est remis dans le sens de la marche (14-10), porté par un Robert-Alain Aciobanitei efficace et un Jérémie Mouiel présent à la réception. Poussé par leur public, les coéquipiers de Kévin Rodriguez reprenaient totalement confiance et enchaînaient les points (21-12). Un ace de Lincoln Williams permettait même à la cinquantaine de privilégiés d’exulter une première fois (23-14) avant de voir leurs protégés remporter le troisième set sur un service perdant de Daniel McDonnell (25-16). En quête d’un dixième titre depuis 16 ans, qui ferait de lui le club le plus titré de France, Cannes n’avait pas dit son dernier mot.

Un suspense insoutenable

Les Dragons entamaient le quatrième set regonflé à bloc mais les smashs du Cubain Osniel Mergarejo devenaient insoutenables (3-6). Kevin Rodriguez provoquait alors la réussite sur un ace flirtant avec le filet puis un nouvel ace de Lincoln Williams relançait la bande de Luc Marquet (7-7). Dans le coin, les remplaçants Romain Bregent et Alan Tschupp ne tenaient plus en place, Wyllan Annicette jetait un regard noir en tribunes après avoir entendu un dirigeant chaumontais crier au désespoir et Luc Marquet levait les bras au ciel quand la vidéo confirmait une sortie de balle sur un service haut-marnais (14-14).

Les visages heureux se crispaient peu à peu alors que Chaumont affichait une rigueur offensive certaine (17-19 puis 18-20). L’entraineur cannois sentait le vent tourner, au point de jeter un ballon puis de bondir après un arbitrage vidéo discutable pour une touche de filet. Sentis lésés, les cannois s’énervaient et Kévin Rodriguez était exclu. Sous tension, le quatrième set filait entre les doigts des hommes de Marquet (21-23). Un service manqué de Danijel Koncilja offrait deux balles de titre à Chamont, sauvées par Lincoln Williams. Le suspense demeurait entier, Cannes reprenant l’avantage (26-25) après avoir effacé une troisième balle de match. Le moment choisi par Lincoln Williams pour inscrire son 20e point, faire lever le Palais des Victoires et emmener Chaumont au tie-break, comme quelques heures auparavant.

Le jubilé extraordinaire de Luc Marquet

Samedi, Chaumont s’était retrouvé rapidement mené dans le set décisif et Raphaël Corre affirmait ne pas vouloir faire les mêmes erreurs quelques heures plus tard. Les Haut-Marnais avaient retenu la leçon en restant au contact d’azuréens surmotivés (6-5). Mais Lincoln Williams, toujours plus irrésistible, plaçait ses coéquipiers dans une position confortable (10-8). Le Palais des Sports explosait alors quand les cannois prenaient cinq points d’avance et finissaient par avoir raison des Chaumontais (15-9). Ce n’est pas un homme, un banc, des joueurs mais une salle qui exultait. Luc Marquet était porté en triomphe, interviewé sur le sol de "sa salle" arrosée par les bouteilles d’eau et de champagne débouchées par ses joueurs. S’en suivait une cérémonie de glissades sur boisson nacrée, des pleurs et un trophée soulevé vers le toit du Palais des Victoires. Cannes a vécu une soirée historique et Marquet part en empereur.  

Clément Brossard