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Affaire Coleman: Martinot-Lagarde s’en prend au système de localisation pour les contrôles antidopage

Aligné ce samedi au meeting de Diamond League de Paris au stade Charléty (à partir de 19h sur RMC Sport 1), Pascal Martinot-Lagarde est revenu sur le cas du sprinteur américain Christian Coleman, qui risque une suspension pour trois « no-shows » à des contrôles antidopage. Le champion d’Europe du 110 mètres haies n’hésite pas à critiquer un système qui aurait pu lui coûter cher dans le passé.

En France, on a notamment connu les cas Teddy Tamgho et Tony Yoka, suspendus chacun un an, respectivement en 2014 et 2018. Devoir mettre en parenthèses sa carrière pour trois « no-shows – défaut de localisation lors de trois contrôles antidopage – n’est pas une chose rare dans le monde du sport, le système de localisation ADAMS de l’Agence mondiale antidopage ne laissant pas de place ou presque à l’imprévu. Dernier exemple? Christian Coleman. 

Le sprinteur américain de 23 ans, meilleur performeur mondial de l’année sur 100 mètres en 9’’81 (record personnel à 9’’79 depuis août 2018) et recordman du monde en salle du 60 mètres (6’’34) depuis 2018 (année où il avait également remporté le titre planétaire de la spécialité), s’expose à une sanction pouvant aller jusqu’à deux ans de suspension après ne s’être pas présenté lors de trois contrôles sur les douze derniers mois. Ce qui le priverait automatiquement des championnats du monde de Doha (Qatar), en septembre, mais aussi et surtout des Jeux olympiques de Tokyo (Japon) en 2020. 

"Je fais le malin mais j’ai vécu environ six mois avec deux no-shows"

Une situation forcément frustrante pour l’intéressé s’il est "innocent", le sprinteur contestant au moins un contrôle loupé selon le Daily Mail qui a sorti l’information. Interrogé à la veille du meeting de Diamond League de Paris, où il sera aligné sur le 110 mètres haies, Pascal Martinot-Lagarde ne crie ainsi pas au loup mais préfère s’en prendre à un système de localisation qui aurait également pu lui jouer des tours dans le passé.

"Pour le coup, ce n’est pas évident, pointe le champion d’Europe 2018 du 110 mètres haies. On est sur un gros athlète. Plus l’athlète est gros, plus il faut faire attention. Pour ma part, je fais le malin mais j’ai vécu environ six mois avec deux no-shows. J’ai donc déjà failli être banni... pour des conneries. J’étais dans ma période de déménagement, j’avais acheté une maison et je vivais entre l’Insep et ma maison en travaux. Parfois, je faisais des travaux tard donc je ne rentrais pas à l’Insep ou des trucs comme ça. Je faisais des aller-retours régulièrement les contrôleurs sont venus deux fois à l’endroit où je n’étais pas. J’ai donc failli merder là-dessus. Ce qui lui arrive peut être très grave pour sa carrière car quand on rate des Mondiaux et des JO, en cas de sanction, je ne dis pas qu’on ne s’en remet pas mais c’est qu’on est vraiment passé à côté de sa carrière."

"Pour moi, trois no-shows, ce n’est pas un scandale" 

Et PML de poursuivre dans sa critique: "Je connais le système, comment il faut se localiser, le site internet n’est pas clair, il ne marche pas, il est buggué... Je sais que ce n’est pas tout le temps évident de savoir chaque jour dans sa vie à 17 heures où on va se lever le lendemain, si tu n’as pas un pote qui va t’appeler pour une soirée, une urgence, etc. On a tous des imprévus dans la vie. Pour moi, trois no-shows, ce n’est pas un scandale. Un scandale, c’est un résultat positif à un contrôle ou trois no-shows avec des excuses bidonnes. On va voir comment il va se défendre, si on réussit à prouver qu’il n’a pas joué avec les no-shows pour se charger et esquiver en secret. On n’en sait rien, c’est à lui de se défendre. La balle est dans son camp." 

Le Français, lui, se tourne plutôt vers le meeting de Paris et les Mondiaux de Doha. Une compétition qu’il compte aborder dans le même état d’esprit que les "Europe" de l’an dernier, quand il avait réussi sa meilleure course de l’année en finale pour se parer d’or. "J’ai l’habitude de dire que je n’ai peur de personne et que quand on est sur une ligne de départ, tous les compteurs sont remis à zéro lors des championnats, rappelle-t-il. Les meetings, on ne les aborde pas forcément tous de la même manière. Certains axent leur préparation pour faire de grosses choses dans les meetings mais moi, mon truc, c’est vraiment de faire de grosses en championnat. L’année dernière, c’est exactement ce que j’ai fait."

"Le moment où il ne faut plus rigoler, ce sont les championnats du monde"

Et de reprendre : "Ce n’était pas aussi grave que cette année (mononucléose, début d'été moyen, chrono encore loin des meilleurs mondiaux, ndlr) mais j’avais fait une saison de meetings correcte sans être tonitruante et aux championnats d’Europe, c’était LE moment où il fallait vraiment se révéler et où j’ai tapé mon meilleur chrono de la saison en finale. J’ai envie de faire une année similaire : des meetings corrects, qui me mettent en confiance en me faisant répéter des 110 pour que je reprenne bien la mécanique de course. Mais le moment où il ne faut plus rigoler, ce sont les championnats du monde de Doha." Le rendez-vous est pris. Et il n’y aura pas de "no-show" pour ce dernier. 

AH avec AT